Archives pour la catégorie 'Biographies'

WILLIAM BURROUGHS - Mon éducation, Un livre des rêves (1994)

Vendredi 28 Juillet 2006

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(29 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
« Un aéroport… Ambiance à peu près aussi spectrale que celle restituée par un spectacle de patronage. Derrière un comptoir surélevé, une femme grisonnante aux traits froids et cireux de bureaucrate intergalactique. Elle porte un uniforme bleu-gris. Lointains bruits d’aéroports, brouillés et incompréhensibles, et par […] »
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(My Education: a Book of Dreams. Traduit de l’anglais en 1996 par Sylvie Durastanti pour Christian Bourgeois Editeur.)

« William Burroughs nous livre ici son autobiographie. Mais cette autobiographie a été écrite dans l’esprit qui a guidé ce grand écrivain américain depuis Le Festin nu et La Machine molle : elle se présente comme un enchevêtrement de rêves et de réminiscences. Cette vision kaléidoscopique nous introduit dans l’univers personnel d’un homme qui a, depuis toujours, vécu l’écriture comme une expérience des limites et qui a croisé sur son chemin des hommes qui, comme lui, ont voulu changer la vie et changer la littérature. Mordant, incisif, drôlatique, Burroughs se penche sur les lieux (Tanger, Paris, New York) et les êtres (Ginsberg, Kerouac, Genet, Gysin, etc.) qui ont compté dans son passé, et qui feront partie désormais de la mythologie littéraire du XXème siècle. » (Gérard-Georges Lemaire)




JEAN-PAUL SARTRE - Les mots (1964)

Mardi 1 Novembre 2005

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(13 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“En Alsace, aux environs de 1850, un instituteur accablé d’enfants consentit à se faire épicier. Ce défroqué voulut une compensation : puisqu’il renonçait à former les esprits, un de ses fils formerait les […]”
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“Le lecteur a compris que je déteste mon enfance et tout ce qui en survit.” Loin de l’autobiographie conventionnelle qui avec nostalgie ferait l’éloge des belles années perdues, il s’agit ici pour Sartre d’enterrer son enfance au son d’un requiem acerbe et grinçant. Au-delà de ce regard aigu et distant qu’il porte sur ses souvenirs et qui constitue la trame de l’ouvrage et non pas son propos, l’auteur s’en prend à l’écrivain qui germe en lui. Pêle-mêle, il rabroue et piétine les illusions d’une vocation littéraire, le mythe de l’écrivain, la sacralisation de la littérature dans un procès dont il est à la fois juge et partie. Ainsi, “l’écrivain engagé” dénonce ce risible sacerdoce, cette religion absurde héritée d’un autre siècle.
Du crépuscule à l’aube, un travailleur en chambre avait lutté pour écrire une page immortelle qui nous valait ce sursis d’un jour. Je prendrais la relève : moi aussi, je retiendrais l’espèce au bord du gouffre par mon offrande mystique, par mon oeuvre.
On ne peut s’empêcher de sourire devant tant d’ironie, et l’on sent l’auteur s’y amuse aussi lorsque, avec cette langue parfaite et cette brillante érudition, il joue les pasticheurs. (Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot)

[…] Repris rapidement en 1963, le récit fut arrêté aux frontières des années d’enfance et les milliers de feuillets furent remaniés, récupérés tels quels de versions précédentes ou réécrits, raturés, brouillonnés à en donner le tournis, ramenés enfin à deux cent cinquante-trois pages : un petit chef-d’œuvre dédié “À madame Z”, d’abord publié en novembre-décembre 1963 dans la revue des Temps modernes puis en janvier 1964, en édition originale, chez Gallimard.
La même année, le prix Nobel de littérature fut officiellement décerné à Jean-Paul Sartre, qui le refusa. Ce refus fit naturellement scandale et fut diversement interprété, les uns ne voyant là qu’une manifestation d’un orgueil démesuré, voire même un “coup” publicitaire, tandis que d’autres, sans doute plus proches du philosophe, approuvaient son refus “de se laisser transformer en institution”. (exposition virtuelle BNF)

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
17 - Lire et écrire



MAURICE DRUON - Les Rois maudits - Le roi de fer (1955)

Samedi 11 Juin 2005

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(30 mn)
Extrait - [Lecture mp3]
“Un tronc entier, couché sur un lit de braises incandescentes, flambait dans la cheminée. Les vitraux verdâtres, cloisonnés de plomb, filtraient un jour de mars avare en lumière. Assise dans […]”
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Quatrième de couverture :

Les Rois maudits, célèbre fresque historique en sept volumes, font revivre le XIVe siècle, entre le procès des templiers et les débuts de la guerre de Cent Ans. Traduits dans le monde entier, Les Rois maudits ont remporté un succès exceptionnel et sont considérés comme un des modèles contemporains du roman historique. Le Roi de fer, premier volume du cycle, a pour figure centrale Philippe IV le Bel, roi d’une beauté légendaire qui régnait sur la France en maître absolu. Tout devait s’incliner, plier ou rompre devant l’autorité royale. Mais l’idée nationale logeait dans la tête de ce prince calme et cruel pour qui la raison d’État dominait toutes les autres. Sous son règne, la France était grande et les Français malheureux.




LAURENT LEMIRE - Alan Turing, l’homme qui a croqué la pomme (2004)

Mardi 17 Mai 2005

Incipit - [Lecture mp3]
“7 juin 1954, dans la banlieue de Manchester. Comme chaque soir, Alan turing mange une pomme avant de s’endormir. Cette fois, le fruit a été trempé dans le cyanure. Une morsure a suffi pour que disparaisse dans l’indifférence la plus complète le père de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Un cerveau […]”
[mp3 via edk] [wp]
Quatrième de couverture :
Pomme croquée et drapeau arc-en-ciel, le constructeur d’ordinateurs Apple rendait un hommage crypté au mathématicien homosexuel Alan Turing, l’un des plus grands esprits du XXe siècle, qui mit fin à ses jours le soir du 7 juin 1954 en mordant dans une pomme imprégnée de cyanure.
Cet étrange surdoué, étudiant à Cambridge dans les années 1930, se distingue en posant les fondations des recherches en intelligence artificielle. En 1936, il a l’idée de concevoir un ordinateur. La Seconde Guerre mondiale lui offre l’occasion d’appliquer ses théories : pour le compte des services secrets britanniques, il parvient à percer le secret de la machine Enigma qui permettait aux nazis de coder leurs messages, et contribue ainsi à la victoire des Alliés.
Mais ce héros discret est contraint de demeurer dans l’ombre, une première fois en raison de ses travaux pour les services secrets et par la suite pour sa sexualité : dans la Grande-Bretagne d’après-guerre, l’homosexualité est un crime. Ecarté de tous les grands projets scientifiques, Turing est condamné en 1952 à la castration chimique.
Mariant enquête journalistique et archives conservées à Cambridge, Laurent Lemire conte l’histoire stupéfiante d’un génie victime de la cruauté et de l’intolérance de son temps.



ANTONIN ARTAUD - Van Gogh le suicidé de la société (1947)

Vendredi 25 Mars 2005
Incipit et extrait - [Lecture mp3]
“On peut parler de la bonne santé mentale de Van Gogh qui, dans toute sa vie, ne s’est fait cuire qu’une main et n’a pas fait plus, pour le reste, que de se trancher une fois l’oreille gauche, dans un monde où on mange chaque jour du vagin cuit à la sauce verte ou du sexe de nouveau-né flagellé et mis en rage, tel que cueilli à sa sortie du sexe maternel. […]”
[mp3 via edk] [wp] [wp]
Quatrième de couverture
“Je vois, à l’heure où j’écris ces lignes, le visage rouge sanglant du peintre venir à moi, dans une muraille de tournesols éventrés, dans un formidable embrasement d’escarbilles d’hyacinthe opaque et d’herbages de lapis-lazuli.
Tout cela, au milieu d’un bombardement comme météorique d’atomes qui se feraient voir grain à grain,
preuve que Van Gogh a pensé ses toiles comme un peintre, certes, et uniquement comme un peintre, mais qui serait,
par le fait même,
un formidable musicien.”

Dans Van Gogh le suicidé de la société, publié en 1947, quelques mois avant sa mort, Antonin Artaud rend au peintre un éblouissant hommage. Non, Van Gogh n’était pas fou, martèle-t-il, ou alors il l’était au sens de cette authentique aliénation dont la société et les psychiatres ne veulent rien savoir. “Mais quelle garantie les aliénés évidents de ce monde ont-ils d’être soignés par d’authentiques vivants?” (Aliénation et magie noire)




EMMANUEL CARRÈRE - Je suis vivant et vous êtes morts, Philip K. Dick 1928-1982 (1993)

Mardi 15 Mars 2005
Chapitre 9 - [Lecture mp3]
“Un après-midi de novembre 1963, il marchait entre les pâturages que des pluies continuelles avaient transformés en bourbiers. Dans les combes, des branches d’arbres émergeaient des eaux; bientôt, il faudrait une barque pour […]”
[mp3 via edk] [wp]
Quatrième de couverture
Pour vous, Philip K. Dick n’est peut-être que le nom d’un auteur de science-fiction, inspirateur des films Blade Runner et Total Recall. Pour beaucoup de ses lecteurs, c’est un des écrivains essentiels de ce siècle. Et, pour quelques-uns, l’agent d’une authentique Révélation. Une question l’obsédait, qui fit de sa vie chaotique une étrange odyssée spirituelle : qu’est-ce qui est réel ? Qu’est-ce qui nous prouve, par exemple, que l’Allemagne et le Japon n’ont pas gagné la guerre ? Que nous vivons sur Terre ? Que nous sommes bien des hommes ? Que nous ne sommes pas morts ? Dans la Californie des années soixante, ces doutes vertigineux devaient rencontrer la drogue, Dick espéra qu’elle lui donnerait accès, par-delà les simulacres, à la Réalité ultime. Il passa pour un apôtre du LSD, un gourou de la contre-culture. Le Maître du haut château, Ubik, La Vérité avant-dernière, ces romans qui rendent fous, furent pour toute une génération la Bible psychédélique. Puis le rêve tourna au cauchemar. L’explorateur de la conscience s’égara dans son labyrinthe. En 1974, après des années d’errance épouvantée, il eut une expérience mystique, et jusqu’à sa mort se demanda s’il était un prophète ou le jouet d’une psychose paranoïaque, et s’il y a une différence entre les deux. Celui à qui Dieu parle entend-il autre chose que sa propre voix ?



NIK COHN - Awopbopaloobop Alopbamboom (1970)

Mercredi 2 Février 2005
NIK COHN - Awopbopaloobop Alopbamboom
Incipit - [Lecture mp3]

“La pop moderne a débuté avec le rock’n'roll au milieu des années cinquante, et, à l’origine, c’était un mélange de deux traditions: le rhythm’n'blues noir et la chanson de charme blanche […]”

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(Présentation de l’éditeur:
Écrit en 1968 et révisé en 1972, c’est l’histoire véridique et turbulente d’une époque qui va de Bill Haley à Jimi Hendrix. En racontant toutes sortes d’histoires scandaleuses, en décrivant la musique avec passion et en arrachant les masques, Nik Cohn a inventé sans le savoir un nouveau genre littéraire : la critique rock.

Quatrième de couverture:
« Le premier grand livre sur le rock’n'roll, et, encore aujourd’hui, celui par lequel il faut commencer. » Greil Marcus

« Le grand livre fondateur de la critique rock dans les années soixante. Personne n’avait écrit comme ça auparavant, et très peu depuis ont été capables d’égaler les intuitions étourdissantes de Nik Cohn sur ce qui crée ce parfait mélange de musique et de mystique qu’est le rock. » Nick Kent

L’auteur vu par l’éditeur:
Nik Cohn, né en 1946, a passé son enfance en Irlande du Nord. Durant ses années d’adolescence à Londres, il collabore au Sunday Times et à d’autres journaux, inventant ce qu’on a appelé la rock critic. En 1968, il signe ses adieux au swinging London avec Awopbopaloobop Alopbamboom, “L’Age d’or du rock”, qui devient rapidement un livre culte. Il s’installe en 1975 à New York où il écrit “Broadway, la grande voie blanche” (publié en 10/18), “Rock Dreams, Rêves du 20e siècle”. De retour à Londres, il publie “Anarchie au Royaume-Uni”, un document sur l’Angleterre marginale, celle des exclus. )




MICHEL HOUELLEBECQ - H.P. Lovecraft (Contre le monde, contre la vie) (1991)

Dimanche 30 Janvier 2005
H.P. Lovecraft Contre le monde, contre la vie
Préface - [Lecture mp3]

“Lorsque j’ai commencé cet essai (sans doute vers la fin de 1988), je me trouvais dans la même situation que plusieurs dizaines de milliers de lecteurs. Ayant découvert […] ”

[Mp3 via Edk] [wp Lovecraft] [wp Houellebecq]

(Quatrième de couverture:
“Howard Phillips Lovecraft constitue un exemple pour tous ceux qui souhaitent
apprendre à rater leur vie, et éventuellement, à réussir leur oeuvre Encore
que, sur ce dernier point, le résultat ne soit pas garanti.” Auteur de L’appel
de Cthulhu, de Dagon et des Montagnes hallucinées, H.P.. Lovecraft, maître
incontesté de l’horreur et du fantastique, reste l’objet d’une fascination
toute particulière chez nos contemporains, particulièrement chez Michel
Houellebecq, qui le découvrit à l’âge de seize ans pour ne plus cesser de
le lire. Dans ce bref essai, l’auteur retrace un itinéraire hors du commun
et nous livre les prémisses de son univers désenchanté qui a fait le succès
des Particules élémentaires.

Michel Houellebecq
Né en 1958. Poète (Le sens du combat, prix de Flore 1996) et romancier,
consacré par Extension du domaine de la lutte (J’ai lu 1997), et Les particules
élémentaires (prix Novembre 1998), qui ont bousculé la scène littéraire.
En juin 1998, il reçoit le Grand Prix national des lettres pour l’ensemble
de son oeuvre.)