Archives pour la catégorie '1900...'

WILLIAM BURROUGHS - Mon éducation, Un livre des rêves (1994)

Vendredi 28 Juillet 2006

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(29 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
« Un aéroport… Ambiance à peu près aussi spectrale que celle restituée par un spectacle de patronage. Derrière un comptoir surélevé, une femme grisonnante aux traits froids et cireux de bureaucrate intergalactique. Elle porte un uniforme bleu-gris. Lointains bruits d’aéroports, brouillés et incompréhensibles, et par […] »
[mp3 via edk] [wp]

(My Education: a Book of Dreams. Traduit de l’anglais en 1996 par Sylvie Durastanti pour Christian Bourgeois Editeur.)

« William Burroughs nous livre ici son autobiographie. Mais cette autobiographie a été écrite dans l’esprit qui a guidé ce grand écrivain américain depuis Le Festin nu et La Machine molle : elle se présente comme un enchevêtrement de rêves et de réminiscences. Cette vision kaléidoscopique nous introduit dans l’univers personnel d’un homme qui a, depuis toujours, vécu l’écriture comme une expérience des limites et qui a croisé sur son chemin des hommes qui, comme lui, ont voulu changer la vie et changer la littérature. Mordant, incisif, drôlatique, Burroughs se penche sur les lieux (Tanger, Paris, New York) et les êtres (Ginsberg, Kerouac, Genet, Gysin, etc.) qui ont compté dans son passé, et qui feront partie désormais de la mythologie littéraire du XXème siècle. » (Gérard-Georges Lemaire)




ALBERT CAMUS - La chute (1956)

Samedi 17 Juin 2006

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(17 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
« Puis-je, monsieur, vous proposer mes services, sans risquer d’être importun? Je crains que vous ne sachiez vous faire entendre de l’estimable gorille qui préside aux destinées de cet établissement. Il ne parle, en effet, que le hollandais. A moins que vous ne m’autorisiez à plaider votre cause, il ne devinera pas que […] »
[mp3 via edk] [wp]

« Récit énigmatique accordé à notre monde ambigu : la nature, les choses, les hommes, tout crie à une dualité contradictoire qui déroute l’observateur jusqu’au vertige. Telle est l’expérience de Clamence, réfugié dans ce bar d’Amsterdam, avocat-conseil d’ivrognes et de souteneurs. Il a choisi ce lieu d’exil, cet envers du monde bourgeois et de la bonne conscience, à la suite d’une “découverte essentielle”, sa lâcheté face à une noyade commise sous ses yeux. Sa mémoire revenue, la duplicité, l’imposture, la culpabilité universelles se sont imposées. Conséquent, Clamence a rejoint un lieu adapté où les hommes ne se déguisent pas derrière les mensonges et ne singent pas la fausse vertu. “Prophète pour temps médiocres”, il annonce la culpabilité universelle, l’impossibilité du pardon et du rachat, le règne de la servitude. Juge-pénitent, il se “confesse en long et en large” pour susciter le doute et la mauvaise conscience chez son interlocuteur. Car le portrait tracé dépasse l’individu : il figure l’homme avec ses prétentions, ses faiblesses, ses inconsciences, ses échecs, ses désespoirs. “Ne sommes nous pas tous semblables…”. Mais il concerne plus spécialement nos contemporains. N’est-ce pas une mise en garde contre le désespoir et le renoncement ? ” » (Préface d’André Abbou, dans l’édition du Livre de Poche 1968, tirée du webcamus)




CHARLES BUKOWSKI - Les empoisonneurs de chiens: lettre à Douglas Blazek (22 mars 1966)

Samedi 8 Avril 2006

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(7 mn)
Intégrale - [Livre audio mp3] (lecture par Denis Mallet pour Close Combat, sur jetFM)
« Les empoisonneurs de chiens sont légion. Ils font leur coup en douce et se font rarement prendre. Il est vrai qu’il n’y a pas assez de morts, il faut […] »
[mp3 via edk] [wp]

(Lettre parue dans Correspondance (1958-1994), Editions Grasset 2005, traduit de l’américain par Marc Hortemel)

« Charles Bukowski, ” Hank ” pour ses amis, est né en 1920. Il est mort à San Diego le 9 mars 1994. Tour à tour postier, magasinier, employé de bureau, Bukowski venu tard à la littérature, est aujourd’hui un écrivain culte. L’ensemble de son œuvre est réunie en trois volumes de la collection Bibliothèque Grasset (Contes et nouvelles, 2003 ; Œuvre romanesque, octobre 2005 ; Mémoires et poèmes, à paraître en 2007).

Ce choix de lettres provient de trois volumes de correspondance inédite : “Hurlements du balcon (1958-1970)” , “Vivre en comptant sur la chance (1960-1970)” et “Pour atteindre le soleil (1978-1994)”. Il nous révèle un Bukowski à la fois éloigné mais toujours très proche de son œuvre. Il nous montre sans fausse pudeur et sans artifices les détails de son quotidien, le cheminement de sa pensée tout au long de ces années, et la vie intellectuelle des éditeurs underground des années 1960-1970. Il évoque avec un humour féroce les différentes femmes qui l’accompagnent ; on découvre également son rapport à l’histoire, ses réflexions sur la poésie - bien qu’il se défende de n’en avoir rien à faire.
Bukowski envoie souvent à ses amis des poèmes qu’il a tout juste achevés : ses lettres dévoilent alors une écriture à l’état brut et un travail en constante évolution. On retrouve pendant ces quatre décennies les mêmes destinataires : entre autres, E.V.Griffith, qui a publié son premier recueil de poèmes ; Jon et Louise Webb, éditeurs de Bukowski mais aussi de William Burroughs et de Henry Miller ; Carl Weissner, son éditeur allemand qui traduit son œuvre et le fait connaître dès les années 1960 en Allemagne ; enfin John Martin, fondateur de Black Sparrow Press, qui décide en 1966 de lui verser une rente à vie, pour que Bukowski quitte enfin le bureau de poste où il s’use la santé. On lit tour à tour des conseils d’encouragement, des critiques sur le monde contemporain, des jugements sur tel auteur…
Même si sa soûlographie est un élément récurrent de toute sa correspondance, on retient d’abord de Bukowski sa sensibilité, son endurance, sa générosité, sa volonté de résister à toute forme d’obscurantisme moral, littéraire ou social. » (Note de l’éditeur)

« Douglas Blazek publie la revue Ole chez Mimeo press. Blazek publie plusieurs textes de Bukowski. La revue est vite reconnue dans le milieu underground. En 1965, il publie deux ouvrages de Bukowski où apparaît pour la première fois le personnage Henry Chinaski, double de Bukowski. » (tiré du site black-sparrow)




NICHOLAS COOK - Musique, une très brève introduction (1998)

Dimanche 12 Mars 2006

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(24 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
« “Je veux être… musicien.” C’est par ces mots que s’ouvre le film publicitaire pour les caisses de retraite Prudential diffusé à la télévision anglaise fin 1992. La première image montre un jeune homme confortablement installé dans un fauteuil, il arbore une expression rêveuse et mélancolique et écoute de la musique au […] »
[mp3 via edk] [ailleurs]

(Music, a very short introduction. Traduit de l’anglais en 2006 par Nathalie Gentili.)

« Nicholas Cook enseigne la musicologie à l’université de Southampton, ainsi qu’à Hong Kong, en Australie et aux USA. Musique, une très brève introduction a paru en Angleterre dans la célèbre collection “Very short introduction” d’Oxford University Press. L’ouvrage s’est très vite imposé comme un classique, une oeuvre originale et personnelle. Nicholas Cook a, en effet, accompli un véritable tour de force en réussissant à faire le point en si peu de pages sur ce qu’est l’essence de la musique, et à analyser les valeurs et les qualités que nous lui associons. Qu’est-ce que la musique ? D’où vient-elle ? Comment est-elle construite ? Comment est-elle consommée ? Qu’est-ce qui nous charme en elle ? L’auteur entreprend de répondre à ces questions avec humour et finesse en s’appuyant sur des exemples qui vont de Beethoven aux Spice Girls en passant par la cithare chinoise. Il analyse les valeurs individuelles, sociales, culturelles et même sexuelles qu’elle véhicule, les différents usages qui en sont faits (du religieux à la publicité), et se place tour à tour du point de vue du compositeur, de l’interprète et de l’auditeur. Il met au jour les structures sociales et institutionnelles qui conditionnent l’approche que chaque société se fait d’elle. La musique nous semble, d’une certaine façon, constituer un monde en soi - et pourtant elle baigne dans les valeurs humaines, dans notre interprétation de ce qui est bien ou mal, vrai ou faux. » (Présentation de l’éditeur)




OCTAVE MIRBEAU - Les vingt et un jours d’un neurasthénique (1901)

Dimanche 22 Janvier 2006

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(15 mn)
Incipit - [Livre audio mp3] (fichier sous licence CC)
“L’été, la mode, ou le soin de sa santé, qui est aussi une mode, veut que l’on voyage. Quand on est un bourgeois cossu, bien obéissant, respectueux des usages mondains, il faut à une certaine époque de l’année, quitter ses affaires, ses plaisirs, ses bonnes paresses, ses chères intimités, pour aller […]”
[mp3 via edk] [wp]

« Les 21 jours d’un neurasthénique, texte de 1901, ne fut pas accueilli sans réticences par la critique, nombre de journalistes y ayant vu quelque chose qui s’apparentait à une mystification. Pour Pierre Michel c’est, au même titre que Le Jardin, une « monstruosité littéraire »
[…]
Un raclage de fonds de tiroir ? certes. Le texte évoque dans une large mesure ces recueils de contes ou nouvelles qui sont l’une des manières contemporaines d’entrer en littérature : Mirbeau a d’ailleurs commencé par là, ou à peu près, en publiant en 1885 Les Lettres de ma chaumière. Mais Mirbeau à ce moment de sa carrière, n’est plus un débutant ; après le succès du Jardin et celui du Journal, après ses interventions dans l’Affaire Dreyfus, il n’en a plus besoin, ni pour vivre, ni pour asseoir sa notoriété […] Une fois les succès acquis, il est plus facile à Mirbeau de se détacher de ce qu’il a toujours méprisé, le roman « balzacien », solidement construit et argumenté. Contre cette forme qui se suffit à elle-même, monde dans le monde, il dresse ce livre qui part dans tous les sens et mobilise tous les genres : comédie, mélodrame, conte cruel, pamphlet politique, prêche social, pour faire entendre le monde contemporain dans sa diversité. Dans ce collage généralisé et ostentatoire, l’hybridité ne choque plus vraiment ; le lecteur se trouve en quelque sorte au-delà, dans un espace dans lequel les déterminations génériques n’ont plus de sens. Dans la littérature encore ? » (Marie-Françoise Melmoux-Montaubin, dans la revue Loxias n°8)

Octave Mirbeau




BRIGITTE FONTAINE - Paso doble (1985)

Lundi 2 Janvier 2006

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(13 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
« Adèle, la terre est basse, ici à Paris. Adèle ou Marie. La ville s’est réduite à un quartier qui rétrécit encore. Plus rien, qu’une place, qu’un café, et puis, même plus un lit. Adèle, on ne sait plus où se mettre. Adèle, y a un malaise […] »
[mp3 via edk]

Pourquoi cette chasse acharnée, qui conduit jusqu’au fond du désert? Tout le monde est en chasse et le commissaire n’y comprend rien. Il veut savoir qui a tué la rédactrice en chef de Long Distance Call, car malgrè tout il y a eu un meurtre. Nous, ce qui nous intéresse, c’est quelle alchimie se fera dans ce pas double à travers la planète, quel coup de théâtre aura lieu dans le sanctuaire de l’être. Tout se passe pendant un printemps et un été, cette sorte d’été très beau et crucial, qui atteint son paroxysme à Marseille, entre le Nord et le Sud, au coeur du mystère. Le monde est hallucinogène.

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
22 - Des mouches de la place publique



CLAUDE GAGNIÈRE - Pour tout l’or des mots (1998)

Samedi 17 Décembre 2005

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(28 mn)
Préface et extraits - [Livre audio mp3]
00′00 : Avant-Propos
05″38 : Préface de Jean-Claude Carrière
10″08 : Obsolète (coquefredouille, emburlucoquer, embabouiner…)
13″50 : Pataquès
15″12 : Veuillez agréer l’Assurance (je suis rentré dans un arbre en stationnement…)
17″17 : Lapsus (En voyant le lit vide, elle le devint…)
19″29 : Épitaphe (Ici il n’y a qu’un tas d’ossements sans importance…)
23″08 : Comme son nom l’indique (Monsieur Guidon marchand de cycles…)
24″31 : Argent (Fric, radis, pognon, thunes, pèze, oseille….)
[mp3 via edk]

Né dans les Cévennes, Claude Gagnière découvre au lycée la littérature et la poésie française dont il tombe amoureux fou. Les dieux de son Panthéon personnel sont Alphonse Allais, Tristan Bernard, Jules Renard, Sacha Guitry, Oscar Wilde, Tristan Corbière, Vialatte. Après ses études de droit et de sciences politiques, il travaille dans l’industrie du disque, participe à la création de France Loisirs dont il devient le directeur littéraire. C’est Robert Laffont qui l’encourage à écrire des livres sur la langue française, ses sources et ses ressources, dont l’humour n’est pas le moindre.

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
21 - De la nouvelle idole



DOMINIQUE BESANÇON - Morts, fantômes et revenants : Les contes du monde entier, anthologie (2000)

Dimanche 4 Décembre 2005

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(23 mn)
Préface et extraits - [Livre audio mp3]
00′00 : Préface
12″00 : Corse - La bourrasque des morts, par Jean-Baptiste Ortoli, in Contes de l’île de Corse, Maisonneuve, 1883.
17″00 : Thaïlande - Spectres, revenants et fantômes, par Charles Hardouin, in la revue des traditions populaires, 1890, T. V, p. 701-705.
19″50 : Bulgarie - Comment la mort est devenue aveugle, par Jean-Pierre Calloc’h, in la Revue des traditions populaires, 1917, T. XXXII, P. 137-138.
[mp3 via edk]

Spécialiste d’Anatole le Braz dont elle dirige la publication des oeuvres aux éditions Terre de Brume, Dominique Besançon se passionne depuis toujours pour les traditions populaires. Sa grande connaissance des contes et légendes et de ceux qui les collectèrent lui permet de nous offrir aujourd’hui le premier volume d’une série d’anthologies thématiques de conception tout à fait originale consacrées aux contes et légendes des régions de France et des pays du monde.

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
20 - De la guerre et des guerriers



JEAN-PAUL SARTRE - Les mots (1964)

Mardi 1 Novembre 2005

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(13 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“En Alsace, aux environs de 1850, un instituteur accablé d’enfants consentit à se faire épicier. Ce défroqué voulut une compensation : puisqu’il renonçait à former les esprits, un de ses fils formerait les […]”
[mp3 via edk] [wp] [ailleurs]

“Le lecteur a compris que je déteste mon enfance et tout ce qui en survit.” Loin de l’autobiographie conventionnelle qui avec nostalgie ferait l’éloge des belles années perdues, il s’agit ici pour Sartre d’enterrer son enfance au son d’un requiem acerbe et grinçant. Au-delà de ce regard aigu et distant qu’il porte sur ses souvenirs et qui constitue la trame de l’ouvrage et non pas son propos, l’auteur s’en prend à l’écrivain qui germe en lui. Pêle-mêle, il rabroue et piétine les illusions d’une vocation littéraire, le mythe de l’écrivain, la sacralisation de la littérature dans un procès dont il est à la fois juge et partie. Ainsi, “l’écrivain engagé” dénonce ce risible sacerdoce, cette religion absurde héritée d’un autre siècle.
Du crépuscule à l’aube, un travailleur en chambre avait lutté pour écrire une page immortelle qui nous valait ce sursis d’un jour. Je prendrais la relève : moi aussi, je retiendrais l’espèce au bord du gouffre par mon offrande mystique, par mon oeuvre.
On ne peut s’empêcher de sourire devant tant d’ironie, et l’on sent l’auteur s’y amuse aussi lorsque, avec cette langue parfaite et cette brillante érudition, il joue les pasticheurs. (Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot)

[…] Repris rapidement en 1963, le récit fut arrêté aux frontières des années d’enfance et les milliers de feuillets furent remaniés, récupérés tels quels de versions précédentes ou réécrits, raturés, brouillonnés à en donner le tournis, ramenés enfin à deux cent cinquante-trois pages : un petit chef-d’œuvre dédié “À madame Z”, d’abord publié en novembre-décembre 1963 dans la revue des Temps modernes puis en janvier 1964, en édition originale, chez Gallimard.
La même année, le prix Nobel de littérature fut officiellement décerné à Jean-Paul Sartre, qui le refusa. Ce refus fit naturellement scandale et fut diversement interprété, les uns ne voyant là qu’une manifestation d’un orgueil démesuré, voire même un “coup” publicitaire, tandis que d’autres, sans doute plus proches du philosophe, approuvaient son refus “de se laisser transformer en institution”. (exposition virtuelle BNF)

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
17 - Lire et écrire



NELCYA DELANOË, JOËLLE ROSTKOWSKI - Les Indiens dans l’histoire américaine (1996)

Lundi 10 Octobre 2005

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(17 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“C’est le 12 octobre 1492, il y a plus de cinq siècles, que les trois caravelles de Christophe Colomb, la Santa Maria, la Pinta et la Nina, accostèrent sur une petite île des Caraïbes, probablement celle de Guanahani, aujourd’hui San Salvador. Le navigateur amorçait ainsi la […]”
[mp3 via edk] [wp] [ailleurs]

“Devenue mythique sous l’influence des clichés hollywoodiens, l’histoire des Indiens des Etats-Unis demeure mal connue du grand public. Cinq siècles après la ” découverte ” de l’Amérique, elle représente encore une part marginale dans l’étude de l’histoire américaine. Par l’approche de sources originales, dont certaines émanent des premiers Américains, cet ouvrage se propose d’étudier la réalité indienne en la situant dans la perspective plus générale de l’histoire des Etats-Unis. Ce choix de textes retrace les grands courants de la politique américaine, la résistance des Indiens, les traités, les alliances et les conflits, les craintes et les espoirs des réformateurs, des bureaucrates, des grands présidents - jusqu’à Ronald Reagan. En parcourant ces différentes étapes, il nous est ainsi possible de mieux comprendre les liens qui unissent le gouvernement fédéral et la minorité indienne, leur complexité et leur évolution.

Joëlle Rostkowski est ethnohistorienne, elle travaille à l’UNESCO et dirige un séminaire à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Elle a publié plusieurs livres dont Le Renouveau Indien aux Etats-Unis (Albin Michel) récompensé en 2002 par l’Académie Française.

Nelcya Delanoë est historienne. Elle a publié L’Entaille rouge. Des terres indiennes à la démocratie américaine, 1776-1996, elle enseigne l’histoire et la civilisation américaines à l’université de Paris X.”




POPPY Z BRITE - Self made man, In vermis veritas (1996)

Lundi 26 Septembre 2005

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(4 mn)
Incipit - [Livre audio mp3] (lecture par Mutill)
“Ça n’a rien à voir avec la mort. Mais ça a à voir avec la sublime beauté de la couleur de la viande. Ainsi parlait Francis Bacon, un peintre du XXe siècle, expliquant pourquoi il peignait des scènes sordides et sanguinolentes. Tout en admirant son sentiment, j’émets […]”
[mp3 via edk] [wp] [wp-en] [ailleurs]

(”self-made man” traduit de l’américain par Nicolas Richard)

“Contes de la fée verte, son précédent recueil de nouvelles, démontrait la fulgurance du talent de Poppy Z. Brite. Avec Self-made man, elle revient avec de nouvelles histoires exquises et effrayantes. De l’horreur pure avec Délivrance, où un jeune travesti découvre l’amour avec un tueur, à la nouvelle historique déjantée, Mussolini et le jazz de la Nouvelle-Orléans, où un détective est engagé par le fantôme de l’archiduc François-Ferdinand, en passant par le saugrenu In vermis veritas où un asticot se confesse, Poppy Brite explore toutes les couleurs du fantastique et de l’horreur. Des derniers jours d’Elvis aux délires d’un médecin-légiste, des neiges d’un Amsterdam érotique aux bouillonnements méphitiques des bayous de la Nouvelle-Orléans, l’auteur nous convie à un festin riche de mille effrois délicats et raffinés.
Préfacé par Peter Straub, ce recueil […] comblera les plus gourmands et les fins gourmets.” (Daniel Conrad)




JORGE LUIS BORGES - Fictions, La loterie à Babylone (1941)

Lundi 19 Septembre 2005

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(18 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“Comme tous les hommes de Babylone, j’ai été proconsul; comme eux tous, esclave; j’ai connu comme eux tous l’omnipotence, l’opprobre, les prisons. Regardez : à ma main droite il manque l’index. Regardez : cette déchirure de mon manteau laisse voir sur mon estomac un […]”
[mp3 via edk] [wp]

(”Ficciones” traduit de l’espagnol par Nestor Ibarra)

“Fictions est une reprise de deux recueils publiés en 1941 et 1944, contenant 17 nouvelles ou contes brefs relevant du fantastique moderne dont l’écrivain argentin est l’un des meilleurs représentants. Maître de l’insolite, à l’érudition vertigineuse, Borges possède à merveille cet art subtil et allusif qui plonge le lecteur dans un état second où la réalité prend un relief étrange et dépaysant. Un ouvrage important pour le genre”. (sdm)

“Sans doute y a-t-il du dilettantisme dans ces Fictions, jeux de l’esprit et exercices de style fort ingénieux. Pourtant, le pluriel signale d’emblée qu’il s’agit d’une réflexion sur la richesse foisonnante de l’imagination. Au nombre de dix-huit, ces contes fantastiques révèlent, chacun à sa manière, une ambition totalisante qui s’exprime à travers de nombreux personnages au projet démiurgique ou encore à travers La Bibliothèque de Babel, qui prétend contenir l’ensemble des livres, existants ou non.
La multitude d’univers parallèles et d’effets de miroir engendrent un “délire circulaire” vertigineux, une interrogation sur la relativité du temps et de l’espace. Dans quelle dimension sommes-nous ? Qui est ce “je” qui raconte l’invasion de la cité dans La Loterie de Babylone ? En mettant en vis-à-vis le Quichotte de Ménard et celui de Cervantès, lit-on la même chose ou bien la décision de redire suffit-elle à rendre la redite impossible ?
Il n’est pas certain que l’on ait envie d’être relevé du doute permanent qui nous habite au cours de cette promenade dans Le Jardin aux sentiers qui bifurquent. On accepte volontiers d’être les dupes de ces Artifices, conçus comme le tour le plus impressionnant d’un prestidigitateur exercé”. (Sana Tang-Léopold Wauters)




ROLAND BARTHES - Mythologies, Le vin et le lait, Le bifteck et les frites (1957)

Mardi 13 Septembre 2005

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(14 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“Le vin est senti par la nation française comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante espèces de fromages et sa culture. C’est une boisson-totem, correspondant au lait de la vache hollandaise ou au thé absorbé cérémonieusement par la […]”
[mp3 via edk] [wp]

Notre vie quotidienne se nourrit de mythes : le catch, le striptease, l’auto, la publicité, le tourisme… qui bientôt nous débordent. Isolés de l’actualité qui les fait naître, ils apparaissent soudainement pour ce qu’ils sont : l’idéologie de la culture de masse moderne. Le mythologue Roland Barthes les décrypte ici avec le souci - formulé dans l’essai sur le mythe aujourd’hui qui clôt l’ouvrage - de réconcilier le réel et les hommes, la description et l’explication, l’objet et le savoir.
“Nous voguons sans cesse entre l’objet et sa démystification, impuisssants à rendre sa totalité : car si nous pénétrons l’objet, nous le libérons mais nous le détruisons ; et si nous lui laissons son poids, nous le respectons, mais nous le restituons encore mystifié.” Roland Barthes



DRISS CHRAÏBI - Les boucs (1955)

Lundi 5 Septembre 2005

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(20 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“De bois. De bois blanc. Ceci est une chaise de bois blanc. Quelqu’un ouvrit la porte d’un coup de pied. Je ne vis entrer personne. Je vis un pied, étroit, long, chaussé d’un godillot en peau de […]”
[mp3 via edk] [wp] [bio] [entretien]

“Un grand sujet, la vie des ouvriers nord-africains en France, écrit par quelqu’un qui est leur frère, et a un vrai talent.” (Claude Roy - Libération)

“J’avais écrit ce livre en plein désarroi, un désarroi intense jusque dans le style. J’étais meurtri dans mon appétit de croire, moi dont l’enfance et l’adolescence avaient été nourries par les humanités livresques. Venu d’un autre monde, il me fallait témoigner de l’intérieur, sortir du cadre traditionnel du roman pour faire vivre les mots de la réalité. Ce fut une époque héroïque et éprouvante, à la mesure de cette France qui se reconstruisait moralement au lendemain de la guerre mondiale.” (Driss Chraïbi - dans Michel Legras, Etude sur Les Boucs de Driss Chraïbi, Paris, Ellipses, coll. « Résonances », 2001, p. 5)




DYLAN THOMAS - Au Bois lacté (1953)

Lundi 29 Août 2005

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No Flash ?
(21 mn)
Incipit, Extraits - [Livre audio mp3]
(lecture par Désiré Belladone, de Ma Parole!)
“Pour commencer par le commencement, c’est nuit de printemps sans lune dans le petit bourg, sans étoiles, et noir de bible, dans les rues aux pavés ronds, silencieuses et dans le bois bossu, bois des amoureux et des lapins qui boitillent imperceptiblement jusqu’à la […]”
[mp3 via edk] [wp] [ag]

(”Under Milk Wood” traduit de l’anglais par Jacques B. Brunius)

“Dylan Thomas voulait écrire une pièce pour les habitants du village où il termina ses jours, Laugharne (Pays de Galle), qui “mêlent les jeux d’intelligence de l’Ulysse de Joyce et le lyrisme campagnard des villageois”. “Under Milk Wood” (“Au Bois Lacté”) décrit une journée de printemps dans un port de pêche, la vie et les rêves des villageois, figures bouffones et poétiques.
Deux voix narratives tout au long de la pièce vous conduisent par les rues, pénètrent les intérieurs, présentent et révèlent les personnages que l’on va entendre d’abord rêver, s’éveiller, puis s’acquitter de leurs tâches quotidiennes, selon les moments et les lieux du jour, assister à leurs amours, leurs querelles, leur ordinaire fait d’excentricités. Les villageois se connaissent tous, se convoitent, se méprisent, se jalousent, s’aiment, les ragots vont bon train, même les morts y prennent part. Pas moins d’une soixantaine de personnages que l’auteur croque à l’aune de son destructeur génie poétique, de sa verve comique, et de la compassion qu’il éprouve pour les modèles de sa composition.
Dylan Thomas a voulu écrire une œuvre vive et bouffonne, recevable par tous. Poète au génie inné, il cisèle la langue à l’extrême, l’enrichit de métaphores, d’adjectifs qu’il invente, de systèmes d’assonance, entrelaçant sans cesse les genres littéraires où se juxtaposent lyrisme, dialogues, récitatifs, chansons, afin d’obtenir cette étonnante partition vocale qui lui fait ajouter en sous-titre d’Au Bois lacté “une pièce pour voix”. C’est également sa dernière pièce. Il en donna lecture lors de son dernier voyage aux Etats-Unis. Peu de temps après sa mort en 1953, la pièce fut éditée et une version pour la radio fut enregistrée par la BBC en 1954 avec Richard Burton lisant la voix numéro un.” (Théâtre National de Bretagne & Xavier Marchand).




MALCOLM LOWRY - Au-dessous du volcan (1947)

Lundi 22 Août 2005

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No Flash ?
(18 mn)
Préface - [Livre audio mp3]
“J’aime les préfaces. Je les lis. Parfois, je ne vais pas plus avant, et il est probable que vous non plus, n’alliez pas plus avant. Dans ce cas, cette […]”
[mp3 via edk] [wp]

(Traduit de l’anglais par Stephen Spriel avec la collaboration de Clarisse Francillon et de l’auteur)

“Au-dessous du volcan est un de ces livres qui se gravent à jamais dans la mémoire. Par-delà les années, on se souvient des circonstances dans lesquelles on a découvert Quauhnahuac, la ville située au pied du Popocatepetl, de l’envoûtement subi au bout de quelques pages et de la chute dans le mescal et dans le désespoir […] Appelez cela comme vous voudrez - un «livre-culte», un des chefs-d’œuvre du XXe siècle ou «une sorte de Divine Comédie ivre», pour reprendre la formule de Maurice Blanchot -, ce bouquin grandiose vous éblouit à la première lecture et vous révèle des richesses inépuisables chaque fois que vous replongez dedans.
Malcolm Lowry (1909-1957) y a mis tout ce qu’il avait dans le ventre et sur le cœur, tout ce qui lui donnait envie de vivre et de mourir. Poivrot typiquement britannique, il a fait de son héros un consul de Sa Majesté tombé au dernier degré de la déchéance éthylique. Grand voyageur et marin au long cours, il lui a donné un passé d’officier de marine. Il s’est inspiré d’un premier mariage malheureux pour peindre les retrouvailles déchirantes du consul et de sa femme Yvonne. Ses passions, ses obsessions transparaissent dans tous ses personnages, qui représentent chacun une part de lui-même. Et derrière l’histoire e