Archives pour la catégorie 'Incipits'

WILLIAM BURROUGHS - Mon éducation, Un livre des rêves (1994)

Vendredi 28 Juillet 2006

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(29 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
« Un aéroport… Ambiance à peu près aussi spectrale que celle restituée par un spectacle de patronage. Derrière un comptoir surélevé, une femme grisonnante aux traits froids et cireux de bureaucrate intergalactique. Elle porte un uniforme bleu-gris. Lointains bruits d’aéroports, brouillés et incompréhensibles, et par […] »
[mp3 via edk] [wp]

(My Education: a Book of Dreams. Traduit de l’anglais en 1996 par Sylvie Durastanti pour Christian Bourgeois Editeur.)

« William Burroughs nous livre ici son autobiographie. Mais cette autobiographie a été écrite dans l’esprit qui a guidé ce grand écrivain américain depuis Le Festin nu et La Machine molle : elle se présente comme un enchevêtrement de rêves et de réminiscences. Cette vision kaléidoscopique nous introduit dans l’univers personnel d’un homme qui a, depuis toujours, vécu l’écriture comme une expérience des limites et qui a croisé sur son chemin des hommes qui, comme lui, ont voulu changer la vie et changer la littérature. Mordant, incisif, drôlatique, Burroughs se penche sur les lieux (Tanger, Paris, New York) et les êtres (Ginsberg, Kerouac, Genet, Gysin, etc.) qui ont compté dans son passé, et qui feront partie désormais de la mythologie littéraire du XXème siècle. » (Gérard-Georges Lemaire)




ALBERT CAMUS - La chute (1956)

Samedi 17 Juin 2006

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(17 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
« Puis-je, monsieur, vous proposer mes services, sans risquer d’être importun? Je crains que vous ne sachiez vous faire entendre de l’estimable gorille qui préside aux destinées de cet établissement. Il ne parle, en effet, que le hollandais. A moins que vous ne m’autorisiez à plaider votre cause, il ne devinera pas que […] »
[mp3 via edk] [wp]

« Récit énigmatique accordé à notre monde ambigu : la nature, les choses, les hommes, tout crie à une dualité contradictoire qui déroute l’observateur jusqu’au vertige. Telle est l’expérience de Clamence, réfugié dans ce bar d’Amsterdam, avocat-conseil d’ivrognes et de souteneurs. Il a choisi ce lieu d’exil, cet envers du monde bourgeois et de la bonne conscience, à la suite d’une “découverte essentielle”, sa lâcheté face à une noyade commise sous ses yeux. Sa mémoire revenue, la duplicité, l’imposture, la culpabilité universelles se sont imposées. Conséquent, Clamence a rejoint un lieu adapté où les hommes ne se déguisent pas derrière les mensonges et ne singent pas la fausse vertu. “Prophète pour temps médiocres”, il annonce la culpabilité universelle, l’impossibilité du pardon et du rachat, le règne de la servitude. Juge-pénitent, il se “confesse en long et en large” pour susciter le doute et la mauvaise conscience chez son interlocuteur. Car le portrait tracé dépasse l’individu : il figure l’homme avec ses prétentions, ses faiblesses, ses inconsciences, ses échecs, ses désespoirs. “Ne sommes nous pas tous semblables…”. Mais il concerne plus spécialement nos contemporains. N’est-ce pas une mise en garde contre le désespoir et le renoncement ? ” » (Préface d’André Abbou, dans l’édition du Livre de Poche 1968, tirée du webcamus)




NICHOLAS COOK - Musique, une très brève introduction (1998)

Dimanche 12 Mars 2006

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(24 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
« “Je veux être… musicien.” C’est par ces mots que s’ouvre le film publicitaire pour les caisses de retraite Prudential diffusé à la télévision anglaise fin 1992. La première image montre un jeune homme confortablement installé dans un fauteuil, il arbore une expression rêveuse et mélancolique et écoute de la musique au […] »
[mp3 via edk] [ailleurs]

(Music, a very short introduction. Traduit de l’anglais en 2006 par Nathalie Gentili.)

« Nicholas Cook enseigne la musicologie à l’université de Southampton, ainsi qu’à Hong Kong, en Australie et aux USA. Musique, une très brève introduction a paru en Angleterre dans la célèbre collection “Very short introduction” d’Oxford University Press. L’ouvrage s’est très vite imposé comme un classique, une oeuvre originale et personnelle. Nicholas Cook a, en effet, accompli un véritable tour de force en réussissant à faire le point en si peu de pages sur ce qu’est l’essence de la musique, et à analyser les valeurs et les qualités que nous lui associons. Qu’est-ce que la musique ? D’où vient-elle ? Comment est-elle construite ? Comment est-elle consommée ? Qu’est-ce qui nous charme en elle ? L’auteur entreprend de répondre à ces questions avec humour et finesse en s’appuyant sur des exemples qui vont de Beethoven aux Spice Girls en passant par la cithare chinoise. Il analyse les valeurs individuelles, sociales, culturelles et même sexuelles qu’elle véhicule, les différents usages qui en sont faits (du religieux à la publicité), et se place tour à tour du point de vue du compositeur, de l’interprète et de l’auditeur. Il met au jour les structures sociales et institutionnelles qui conditionnent l’approche que chaque société se fait d’elle. La musique nous semble, d’une certaine façon, constituer un monde en soi - et pourtant elle baigne dans les valeurs humaines, dans notre interprétation de ce qui est bien ou mal, vrai ou faux. » (Présentation de l’éditeur)




JEAN-LOUIS COSTES - Grand Père (2006)

Samedi 11 Février 2006

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(6 mn)
Incipit - [Livre audio mp3] (lecture par Costes)
« Je m’appelle Jean-Louis Garnick Philippe Costes. Garnick parce que mon grand-père s’appelait Garnick Sarkissian. C’était un immigré arménien. Un clodo. Une merde. Il parlait toujours pas français après 50 ans passés en France, en plus il avait oublié l’arménien ! […] »
[mp3 via edk] [wp]

« Mon expérience de la chanson influe certainement sur mon écriture. Je ne sais pas à l’avance de quoi je vais parler. Mon seul plan est de me conditionner pour entrer dans un état proche de la transe, en m’isolant complètement, en ne mangeant et ne dormant presque plus. La solitude et la faiblesse ouvrent un porte secrète dans ma tête. Je plonge dans un tunnel mental. Une voix me parle et je n’ai plus qu’à transcrire ce qu’elle me raconte. J’écris à toute vitesse, sans relire. Que ça soit bon ou mauvais n’est pas important. L’essentiel est de laisser jaillir librement le flux mental. De ne surtout pas chercher à le canaliser. Je fixe sur le papier tous les mots qui me viennent, nuit et jour, jusqu’à ce que je tombe épuisé. Et quand je me réveille, je recommence. Au bout d’un moment (six semaines pour Grand Père) le flux se tarit, la voix se tait. Je n’ai plus rien à écrire et le livre est fini.
Mais il s’agit d’un livre incommunicable, le charabia incomprehensible d’un sorcier. Mon travail consiste alors à élaguer et reconstruire ce délire pour le transformer en roman accessible à tous, avec une histoire et un style simple. Avec 1500 pages d’un flux hallucinant de mots, je fais un roman de 300 pages. » (Entretien avec Costes)




OCTAVE MIRBEAU - Les vingt et un jours d’un neurasthénique (1901)

Dimanche 22 Janvier 2006

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(15 mn)
Incipit - [Livre audio mp3] (fichier sous licence CC)
“L’été, la mode, ou le soin de sa santé, qui est aussi une mode, veut que l’on voyage. Quand on est un bourgeois cossu, bien obéissant, respectueux des usages mondains, il faut à une certaine époque de l’année, quitter ses affaires, ses plaisirs, ses bonnes paresses, ses chères intimités, pour aller […]”
[mp3 via edk] [wp]

« Les 21 jours d’un neurasthénique, texte de 1901, ne fut pas accueilli sans réticences par la critique, nombre de journalistes y ayant vu quelque chose qui s’apparentait à une mystification. Pour Pierre Michel c’est, au même titre que Le Jardin, une « monstruosité littéraire »
[…]
Un raclage de fonds de tiroir ? certes. Le texte évoque dans une large mesure ces recueils de contes ou nouvelles qui sont l’une des manières contemporaines d’entrer en littérature : Mirbeau a d’ailleurs commencé par là, ou à peu près, en publiant en 1885 Les Lettres de ma chaumière. Mais Mirbeau à ce moment de sa carrière, n’est plus un débutant ; après le succès du Jardin et celui du Journal, après ses interventions dans l’Affaire Dreyfus, il n’en a plus besoin, ni pour vivre, ni pour asseoir sa notoriété […] Une fois les succès acquis, il est plus facile à Mirbeau de se détacher de ce qu’il a toujours méprisé, le roman « balzacien », solidement construit et argumenté. Contre cette forme qui se suffit à elle-même, monde dans le monde, il dresse ce livre qui part dans tous les sens et mobilise tous les genres : comédie, mélodrame, conte cruel, pamphlet politique, prêche social, pour faire entendre le monde contemporain dans sa diversité. Dans ce collage généralisé et ostentatoire, l’hybridité ne choque plus vraiment ; le lecteur se trouve en quelque sorte au-delà, dans un espace dans lequel les déterminations génériques n’ont plus de sens. Dans la littérature encore ? » (Marie-Françoise Melmoux-Montaubin, dans la revue Loxias n°8)

Octave Mirbeau




BRIGITTE FONTAINE - Paso doble (1985)

Lundi 2 Janvier 2006

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(13 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
« Adèle, la terre est basse, ici à Paris. Adèle ou Marie. La ville s’est réduite à un quartier qui rétrécit encore. Plus rien, qu’une place, qu’un café, et puis, même plus un lit. Adèle, on ne sait plus où se mettre. Adèle, y a un malaise […] »
[mp3 via edk]

Pourquoi cette chasse acharnée, qui conduit jusqu’au fond du désert? Tout le monde est en chasse et le commissaire n’y comprend rien. Il veut savoir qui a tué la rédactrice en chef de Long Distance Call, car malgrè tout il y a eu un meurtre. Nous, ce qui nous intéresse, c’est quelle alchimie se fera dans ce pas double à travers la planète, quel coup de théâtre aura lieu dans le sanctuaire de l’être. Tout se passe pendant un printemps et un été, cette sorte d’été très beau et crucial, qui atteint son paroxysme à Marseille, entre le Nord et le Sud, au coeur du mystère. Le monde est hallucinogène.

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
22 - Des mouches de la place publique



STENDHAL - Le rouge et le noir (1830)

Vendredi 11 Novembre 2005

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(15 mn)
Incipit - [Livre audio mp3] (fichier sous licence CC)
“La petite ville de Verrières peut passer pour l’une des plus jolies de la Franche-Comté. Ses maisons blanches avec leurs toits pointus de tuiles rouges, s’étendent sur la pente d’une colline, dont des touffes de vigoureux châtaigniers marquent les […]”
[mp3 via edk] [wp] [txt]

« Un de vos crimes c’est d’avoir exposé à nu et au grand jour certaines plaies du cœur humain trop salopes pour être vues… Il y a dans le caractère de Julien des traits atroces, dont tout le monde sent la vérité mais qui font horreur. Le but de l’art n’est pas de montrer ce côté de la nature humaine.» (Prosper Mérimée, Lettres à Stendhal)

« Le Grand secret de Stendhal, sa grande malice, c’est décrire tout de suite… De là, ce quelque chose d’alerte et de primesautier, de disconvenu, de subit et de nu qui nous ravit toujours à neuf dans son style. On dirait que sa pensée ne prend pas la peine de se chausser pour courir.» (André Gide, Journal, 1937)

« Beyle, un scélérat d’idées, je le sais, mais l’écrivain qui a pensé avec tant de vigueur Le Rouge et le Noir et la Chartreuse de Parme, cet homme qui, avec sa noirceur et ses perversités, brille d’une lueur sombre et dure au premier rang des puissances littéraires de son temps.» (Jules Barbey d’Aurevilly, Le Pays, 1855)

« Cet homme que j’aime si peu et dont je ne puis ouvrir un livre que je n’en dévore aussitôt quelques pages, comme il me déplaît et comme je l’admire.» (Julien Green, Journal, 1948)

Stendhal

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
18 - De l’arbre sur la montagne



JEAN-PAUL SARTRE - Les mots (1964)

Mardi 1 Novembre 2005

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(13 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“En Alsace, aux environs de 1850, un instituteur accablé d’enfants consentit à se faire épicier. Ce défroqué voulut une compensation : puisqu’il renonçait à former les esprits, un de ses fils formerait les […]”
[mp3 via edk] [wp] [ailleurs]

“Le lecteur a compris que je déteste mon enfance et tout ce qui en survit.” Loin de l’autobiographie conventionnelle qui avec nostalgie ferait l’éloge des belles années perdues, il s’agit ici pour Sartre d’enterrer son enfance au son d’un requiem acerbe et grinçant. Au-delà de ce regard aigu et distant qu’il porte sur ses souvenirs et qui constitue la trame de l’ouvrage et non pas son propos, l’auteur s’en prend à l’écrivain qui germe en lui. Pêle-mêle, il rabroue et piétine les illusions d’une vocation littéraire, le mythe de l’écrivain, la sacralisation de la littérature dans un procès dont il est à la fois juge et partie. Ainsi, “l’écrivain engagé” dénonce ce risible sacerdoce, cette religion absurde héritée d’un autre siècle.
Du crépuscule à l’aube, un travailleur en chambre avait lutté pour écrire une page immortelle qui nous valait ce sursis d’un jour. Je prendrais la relève : moi aussi, je retiendrais l’espèce au bord du gouffre par mon offrande mystique, par mon oeuvre.
On ne peut s’empêcher de sourire devant tant d’ironie, et l’on sent l’auteur s’y amuse aussi lorsque, avec cette langue parfaite et cette brillante érudition, il joue les pasticheurs. (Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot)

[…] Repris rapidement en 1963, le récit fut arrêté aux frontières des années d’enfance et les milliers de feuillets furent remaniés, récupérés tels quels de versions précédentes ou réécrits, raturés, brouillonnés à en donner le tournis, ramenés enfin à deux cent cinquante-trois pages : un petit chef-d’œuvre dédié “À madame Z”, d’abord publié en novembre-décembre 1963 dans la revue des Temps modernes puis en janvier 1964, en édition originale, chez Gallimard.
La même année, le prix Nobel de littérature fut officiellement décerné à Jean-Paul Sartre, qui le refusa. Ce refus fit naturellement scandale et fut diversement interprété, les uns ne voyant là qu’une manifestation d’un orgueil démesuré, voire même un “coup” publicitaire, tandis que d’autres, sans doute plus proches du philosophe, approuvaient son refus “de se laisser transformer en institution”. (exposition virtuelle BNF)

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
17 - Lire et écrire



NELCYA DELANOË, JOËLLE ROSTKOWSKI - Les Indiens dans l’histoire américaine (1996)

Lundi 10 Octobre 2005

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(17 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“C’est le 12 octobre 1492, il y a plus de cinq siècles, que les trois caravelles de Christophe Colomb, la Santa Maria, la Pinta et la Nina, accostèrent sur une petite île des Caraïbes, probablement celle de Guanahani, aujourd’hui San Salvador. Le navigateur amorçait ainsi la […]”
[mp3 via edk] [wp] [ailleurs]

“Devenue mythique sous l’influence des clichés hollywoodiens, l’histoire des Indiens des Etats-Unis demeure mal connue du grand public. Cinq siècles après la ” découverte ” de l’Amérique, elle représente encore une part marginale dans l’étude de l’histoire américaine. Par l’approche de sources originales, dont certaines émanent des premiers Américains, cet ouvrage se propose d’étudier la réalité indienne en la situant dans la perspective plus générale de l’histoire des Etats-Unis. Ce choix de textes retrace les grands courants de la politique américaine, la résistance des Indiens, les traités, les alliances et les conflits, les craintes et les espoirs des réformateurs, des bureaucrates, des grands présidents - jusqu’à Ronald Reagan. En parcourant ces différentes étapes, il nous est ainsi possible de mieux comprendre les liens qui unissent le gouvernement fédéral et la minorité indienne, leur complexité et leur évolution.

Joëlle Rostkowski est ethnohistorienne, elle travaille à l’UNESCO et dirige un séminaire à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Elle a publié plusieurs livres dont Le Renouveau Indien aux Etats-Unis (Albin Michel) récompensé en 2002 par l’Académie Française.

Nelcya Delanoë est historienne. Elle a publié L’Entaille rouge. Des terres indiennes à la démocratie américaine, 1776-1996, elle enseigne l’histoire et la civilisation américaines à l’université de Paris X.”




DRISS CHRAÏBI - Les boucs (1955)

Lundi 5 Septembre 2005

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(20 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“De bois. De bois blanc. Ceci est une chaise de bois blanc. Quelqu’un ouvrit la porte d’un coup de pied. Je ne vis entrer personne. Je vis un pied, étroit, long, chaussé d’un godillot en peau de […]”
[mp3 via edk] [wp] [bio] [entretien]

“Un grand sujet, la vie des ouvriers nord-africains en France, écrit par quelqu’un qui est leur frère, et a un vrai talent.” (Claude Roy - Libération)

“J’avais écrit ce livre en plein désarroi, un désarroi intense jusque dans le style. J’étais meurtri dans mon appétit de croire, moi dont l’enfance et l’adolescence avaient été nourries par les humanités livresques. Venu d’un autre monde, il me fallait témoigner de l’intérieur, sortir du cadre traditionnel du roman pour faire vivre les mots de la réalité. Ce fut une époque héroïque et éprouvante, à la mesure de cette France qui se reconstruisait moralement au lendemain de la guerre mondiale.” (Driss Chraïbi - dans Michel Legras, Etude sur Les Boucs de Driss Chraïbi, Paris, Ellipses, coll. « Résonances », 2001, p. 5)




DYLAN THOMAS - Au Bois lacté (1953)

Lundi 29 Août 2005

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(21 mn)
Incipit, Extraits - [Livre audio mp3]
(lecture par Désiré Belladone, de Ma Parole!)
“Pour commencer par le commencement, c’est nuit de printemps sans lune dans le petit bourg, sans étoiles, et noir de bible, dans les rues aux pavés ronds, silencieuses et dans le bois bossu, bois des amoureux et des lapins qui boitillent imperceptiblement jusqu’à la […]”
[mp3 via edk] [wp] [ag]

(”Under Milk Wood” traduit de l’anglais par Jacques B. Brunius)

“Dylan Thomas voulait écrire une pièce pour les habitants du village où il termina ses jours, Laugharne (Pays de Galle), qui “mêlent les jeux d’intelligence de l’Ulysse de Joyce et le lyrisme campagnard des villageois”. “Under Milk Wood” (“Au Bois Lacté”) décrit une journée de printemps dans un port de pêche, la vie et les rêves des villageois, figures bouffones et poétiques.
Deux voix narratives tout au long de la pièce vous conduisent par les rues, pénètrent les intérieurs, présentent et révèlent les personnages que l’on va entendre d’abord rêver, s’éveiller, puis s’acquitter de leurs tâches quotidiennes, selon les moments et les lieux du jour, assister à leurs amours, leurs querelles, leur ordinaire fait d’excentricités. Les villageois se connaissent tous, se convoitent, se méprisent, se jalousent, s’aiment, les ragots vont bon train, même les morts y prennent part. Pas moins d’une soixantaine de personnages que l’auteur croque à l’aune de son destructeur génie poétique, de sa verve comique, et de la compassion qu’il éprouve pour les modèles de sa composition.
Dylan Thomas a voulu écrire une œuvre vive et bouffonne, recevable par tous. Poète au génie inné, il cisèle la langue à l’extrême, l’enrichit de métaphores, d’adjectifs qu’il invente, de systèmes d’assonance, entrelaçant sans cesse les genres littéraires où se juxtaposent lyrisme, dialogues, récitatifs, chansons, afin d’obtenir cette étonnante partition vocale qui lui fait ajouter en sous-titre d’Au Bois lacté “une pièce pour voix”. C’est également sa dernière pièce. Il en donna lecture lors de son dernier voyage aux Etats-Unis. Peu de temps après sa mort en 1953, la pièce fut éditée et une version pour la radio fut enregistrée par la BBC en 1954 avec Richard Burton lisant la voix numéro un.” (Théâtre National de Bretagne & Xavier Marchand).




PETER SHAPIRO - Modulations, Une histoire de la musique électronique (2000)

Lundi 15 Août 2005

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(8 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“Certes, le phonographe de Thomas Alva Edison n’était qu’une mécanique faite de roues et d’engrenages que l’on devait remonter à la manivelle, et non un boîtier électronique rempli de fils et de […]”
[mp3 via edk] [wp]

(Traduit de l’anglais par Benjamin Fau et Pauline Bruchet)

“Si vous cherchiez un point commun entre Daft Punk et Karlheinz Stockhausen, Giorgio Moroder et Aphex Twin, Public Enemy et Brian Eno, n’allez pas plus loin : ils font tous partie de la plus grande aventure musicale de la fin du XXe siècle (et du début de ce siècle), celle des musiques électroniques.

Né d’un travail multimédia mêlant productions cinématographiques, musicales et éditoriales, Modulations est la première histoire raisonnée des musiques électroniques publiée en France. Chaque chapitre, rédigé par un spécialiste, à la fois amoureux sonique et critique érudit, couvre une période de leur développement ou une branche de leur activité créative : depuis le futurisme italien jusqu’aux travaux de déconstruction sonores des musiciens de house ou de downtempo contemporains, depuis les montages de bandes magnétiques des précurseurs de la musique concrète jusqu’à l’extrémisme brutal du gabber et la douceur ouatée et enveloppante de l’ambiant, en passant par l’inventivité des pionniers de la musique hip-hop et les visions electro-funk des inventeurs de la techno de Detroit. Des annexes complètent le panorama en s’attardant sur les sous-genres les plus importants et les styles connexes les plus influents, tandis que des transcriptions d’interviews donnent la parole aux acteurs eux-mêmes. Chaque chapitre et chaque annexe comprend enfin une discographie sélective et commentée.

L’histoire des musiques électroniques est exemplaire en ce qu’elle allie volonté d’innovation de l’avant-garde et désir de reconnaissance publique des artistes de musique populaire. Jamais le lien entre développement technique et innovation musicale n’a été aussi fécond. Modulations, guide indispensable au néophyte autant qu’ouvrage de référence utile à l’amateur éclairé, dresse un tableau unique en son genre d’une aventure musicale incontournable à travers les récits de ses meilleurs historiens et les témoignages de ses intervenants les plus directs et les plus décisifs, et offre au lecteur les clefs pour comprendre le texte et le contexte d’une musique qui a révolutionné notre approche tant de la composition que de l’écoute musicale.” (Présentation de l’éditeur)




SERGE GAINSBOURG - Evguénie Sokolov (1980)

Lundi 1 Août 2005

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(11 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“De ma vie, sur ce lit d’hôpital que survolent les mouches à merde, la mienne, m’arrivent des images parfois précises souvent confuses, out of focus disent les photographes, certaines surexposées, d’autres au contraire obscures, qui […]”
[mp3 via edk] [wp] [wp]

Auteur, compositeur, chanteur, photographe et metteur en scène, Serge Gainsbourg a écrit le roman d’un peintre, Evguénie Sokolov. Un peintre génial et solitaire. Mais quel est le secret de son génie, de ce vibrato du dessin, de cette manière ” sismographique ” qui fait sa gloire ? C’est ce mystère que révèle le roman. Un style froid et précis ajoute à la provocation d’un récit qui expose le destin le plus insolite que l’on puisse imaginer. Sarcastique et drôle, pour raconter une tragique histoire, Serge Gainsbourg nous propose en fait une ” allégorie “.



GEORGES VIGARELLO - Le propre et le sale, L’hygiène du corps depuis le Moyen Age (1985)

Dimanche 24 Juillet 2005

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(15 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“C’est en retraçant les actes familiers de Don Carlos, mystérieusement enlevé par quelques sbires masqués, que le Roman comique (1651) évoque un scène de toilette. Le prisonnier est […]”
[mp3 via edk] [wp] [ailleurs]

” Un livre serré, dense, subtil. Un livre très “propre”, a-t-on envie d’écrire. Son sujet : les définitions, les repères, les techniques de la propreté corporelle entre Moyen Age et XXe siècle. Sa thèse : qu’il ne faut pas confondre le renforcement de l’exigence de propreté, toujours plus insistante à partir du XVIe siècle, avec les pratiques qui aujourd’hui ont charge d’assurer la netteté du corps (…). Mais le livre est plus que cela. Il s’appuie, en effet, avec liberté et intelligence, sur les hypothèses proposées par le sociologue allemand Norbert Elias pour rendre compte du “processus de civilisation” qui caractérise les sociétés d’Occident entre XIIe et XIXe siècles (…).
Là est sans doute le prix de ce livre qui analyse le procès de civilisation occidentale à partir de l’un de ses traits les plus fondamentaux : à savoir, les transformations du rapport que les hommes ont eu avec leur corps. Séché, baigné, lavé. ”
Roger Chartier, Libération

Georges Vigarello est professeur à l’université de Paris-V, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.




MARGARET ATWOOD - La servante écarlate (1985)

Samedi 16 Juillet 2005

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(18 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“NUIT - Nous dormions dans ce qui fut autrefois le gymnase. Le sol était en bois verni, avec des lignes et des cercles tracés à la peinture, pour les jeux qui s’y jouaient naguère; les cerceaux des paniers de basket-ball étaient encore en place, mais […]”
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(Traduit de l’anglais par Sylviane Rué)

Présentation de l’éditeur:
Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l’Ordre a été restauré. L’Etat, avec le soutien de sa milice d’Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d’un Evangile revisité. Dans cette société régie par l’oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L’une d’elle raconte son quotidien de douleur, d’angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d’une vie révolue, d’un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d’une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits des femmes et éloge du bonheur présent.

Biographie de l’auteur
Immense romancière mais aussi poète et essayiste, Margaret Atwood, née en 1939 à Ottawa (Canada), a compris la stature du ” grand écrivain “. Qui a eu la chance et le privilège de la rencontrer n’a plus le moindre doute là-dessus, car si pour une part son œuvre roborative est là pour en témoigner, sa riche personnalité finit d’en attester. Aussi bien Margaret Atwood est-elle à plus d’un égard - prosaïquement dit - un personnage qui fascine. Si ses romans les plus récents - Captive, Le Tueur aveugle et Le Dernier homme - ont considérablement élargi le cercle de ses lecteurs de langue française, La Servante écarlate, cette ” utopie négative “, reste l’un de ses hauts faits d’armes dans le combat qu’elle a mené et continue de mener pour les femmes. Son souci pour l’écologie, sa vision du monde, alliés à son écriture d’une virtuosité inouïe, ont placé les livres de Margaret Atwood parmi les joyaux de la collection ” Pavillons “.




YASUNARI KAWABATA - Le maître ou Le tournoi de go (1952)

Samedi 9 Juillet 2005

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(19 mn)
Incipit + Introduction - [Livre audio mp3]
“Au matin du 18 janvier 1940, dans une auberge d’Atami, L’Uroko-ya, mourait le Maître Shusai, vingt et unième de la dynastie des Honimbo. Il entrait dans sa soixante-septième année. Le 18 janvier, c’est une date que l’on retient facilement à Atami. Dans le […]”
[mp3 via edk] [wp] [wp] [ailleurs]

(Traduit du japonais par Sylvie Regnault-Gatier)

Présentation de l’éditeur:

Yasunari Kawabata, le grand romancier japonais, prix Nobel de littérature en 1968, nous donne ici son oeuvre la plus dépouillée - celle qui lui tenait le plus à coeur. En racontant un tournoi de go, qui se déroula réellement en 1938 et qui est resté célèbre dans les annales de cet art, il analyse avec une minutie passionnée le drame d’un vieux lutteur qui succombe.
Car, sous le couvert d’un cérémonial quasi liturgique, dans le cadre séduisant d’une auberge de campagne japonaise, le vieux Maître, le héros jusqu’alors invaincu de tant d’autres “rencontres”, mène son dernier combat. En face de lui, un adversaire plus jeune, qui représente une autre sensibilité, un autre monde. Le Japon ancien affronte le nouveau, la tradition se défend contre le changement.