Archives pour la catégorie 'Extraits'

CLAUDE GAGNIÈRE - Pour tout l’or des mots (1998)

Samedi 17 Décembre 2005

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(28 mn)
Préface et extraits - [Livre audio mp3]
00′00 : Avant-Propos
05″38 : Préface de Jean-Claude Carrière
10″08 : Obsolète (coquefredouille, emburlucoquer, embabouiner…)
13″50 : Pataquès
15″12 : Veuillez agréer l’Assurance (je suis rentré dans un arbre en stationnement…)
17″17 : Lapsus (En voyant le lit vide, elle le devint…)
19″29 : Épitaphe (Ici il n’y a qu’un tas d’ossements sans importance…)
23″08 : Comme son nom l’indique (Monsieur Guidon marchand de cycles…)
24″31 : Argent (Fric, radis, pognon, thunes, pèze, oseille….)
[mp3 via edk]

Né dans les Cévennes, Claude Gagnière découvre au lycée la littérature et la poésie française dont il tombe amoureux fou. Les dieux de son Panthéon personnel sont Alphonse Allais, Tristan Bernard, Jules Renard, Sacha Guitry, Oscar Wilde, Tristan Corbière, Vialatte. Après ses études de droit et de sciences politiques, il travaille dans l’industrie du disque, participe à la création de France Loisirs dont il devient le directeur littéraire. C’est Robert Laffont qui l’encourage à écrire des livres sur la langue française, ses sources et ses ressources, dont l’humour n’est pas le moindre.

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
21 - De la nouvelle idole



DOMINIQUE BESANÇON - Morts, fantômes et revenants : Les contes du monde entier, anthologie (2000)

Dimanche 4 Décembre 2005

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(23 mn)
Préface et extraits - [Livre audio mp3]
00′00 : Préface
12″00 : Corse - La bourrasque des morts, par Jean-Baptiste Ortoli, in Contes de l’île de Corse, Maisonneuve, 1883.
17″00 : Thaïlande - Spectres, revenants et fantômes, par Charles Hardouin, in la revue des traditions populaires, 1890, T. V, p. 701-705.
19″50 : Bulgarie - Comment la mort est devenue aveugle, par Jean-Pierre Calloc’h, in la Revue des traditions populaires, 1917, T. XXXII, P. 137-138.
[mp3 via edk]

Spécialiste d’Anatole le Braz dont elle dirige la publication des oeuvres aux éditions Terre de Brume, Dominique Besançon se passionne depuis toujours pour les traditions populaires. Sa grande connaissance des contes et légendes et de ceux qui les collectèrent lui permet de nous offrir aujourd’hui le premier volume d’une série d’anthologies thématiques de conception tout à fait originale consacrées aux contes et légendes des régions de France et des pays du monde.

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
20 - De la guerre et des guerriers



EDWARD LEAR - The Book of Nonsense (1846)

Lundi 21 Novembre 2005

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(6 mn)
Extraits - [Livre audio mp3] (lecture par Désiré Belladone, de Ma Parole!)
Désiré nous fait l’honneur d’un petit cadeau sonore : deux poèmes et une vigoureuse recette de cuisine écrits par le fantasque Edward Lear. Merci!
[mp3 via edk] [wp]

(traduit de l’anglais par Robert Benayoun)

« Edward Lear (1812-1888). Dessinateur, peintre, aquarelliste, humoriste, Lear, précurseur de Lewis Caroll , est le créateur des Limericks, systématiques et courts poèmes, toujours illustrés, construits dira-t-il ” sans m’être aidé d’une autre convention que celle d’un ravissement sans bornes, faisant un accueil chaleureux à toute apparition d’une absurdité nouvelle, le nonsense, pur et absolu, fut mon but essentiel. ” Books of Nonsense, publié en Angleterre en 1863, valut à Edward Lear, outre une notoriété immense, l’amitié de la reine Victoria qui en fit son professeur de dessin ! Dénués du sens commun le plus élémentaire, continuèrent à paraître d’autre limericks, des alphabets, recettes de cuisine et autres botaniques délirantes. »

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
19 - Des prédicateurs de la mort



MAX - Le blog de Max (2005)

Lundi 24 Octobre 2005

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(3 mn)
Extrait : Le principe d’incertitude
[Livre audio mp3] (lu par l’auteur, Max)
“Les vers que j’adressais à Martine étaient de Paul Valéry, le cimetière marin. Brisez, mon corps, cette forme pensive ! Buvez, mon sein, la naissance du vent ! Une fraîcheur, de la mer exhalée, Me […]”
[mp3 via edk] [ailleurs]

Comme des millions de personnes, Max travaille derrière un bureau, brasse des papiers à la pelle… et s’ennuie. En septembre 2004, il ouvre un blog où chaque jour, brossant un tableau féroce de la vie d’entreprise, il décrit “les modalités de sa démission mentale”.

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
16 - Du pâle criminel



POPPY Z BRITE - Self made man, In vermis veritas (1996)

Lundi 26 Septembre 2005

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(4 mn)
Incipit - [Livre audio mp3] (lecture par Mutill)
“Ça n’a rien à voir avec la mort. Mais ça a à voir avec la sublime beauté de la couleur de la viande. Ainsi parlait Francis Bacon, un peintre du XXe siècle, expliquant pourquoi il peignait des scènes sordides et sanguinolentes. Tout en admirant son sentiment, j’émets […]”
[mp3 via edk] [wp] [wp-en] [ailleurs]

(”self-made man” traduit de l’américain par Nicolas Richard)

“Contes de la fée verte, son précédent recueil de nouvelles, démontrait la fulgurance du talent de Poppy Z. Brite. Avec Self-made man, elle revient avec de nouvelles histoires exquises et effrayantes. De l’horreur pure avec Délivrance, où un jeune travesti découvre l’amour avec un tueur, à la nouvelle historique déjantée, Mussolini et le jazz de la Nouvelle-Orléans, où un détective est engagé par le fantôme de l’archiduc François-Ferdinand, en passant par le saugrenu In vermis veritas où un asticot se confesse, Poppy Brite explore toutes les couleurs du fantastique et de l’horreur. Des derniers jours d’Elvis aux délires d’un médecin-légiste, des neiges d’un Amsterdam érotique aux bouillonnements méphitiques des bayous de la Nouvelle-Orléans, l’auteur nous convie à un festin riche de mille effrois délicats et raffinés.
Préfacé par Peter Straub, ce recueil […] comblera les plus gourmands et les fins gourmets.” (Daniel Conrad)




JORGE LUIS BORGES - Fictions, La loterie à Babylone (1941)

Lundi 19 Septembre 2005

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(18 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“Comme tous les hommes de Babylone, j’ai été proconsul; comme eux tous, esclave; j’ai connu comme eux tous l’omnipotence, l’opprobre, les prisons. Regardez : à ma main droite il manque l’index. Regardez : cette déchirure de mon manteau laisse voir sur mon estomac un […]”
[mp3 via edk] [wp]

(”Ficciones” traduit de l’espagnol par Nestor Ibarra)

“Fictions est une reprise de deux recueils publiés en 1941 et 1944, contenant 17 nouvelles ou contes brefs relevant du fantastique moderne dont l’écrivain argentin est l’un des meilleurs représentants. Maître de l’insolite, à l’érudition vertigineuse, Borges possède à merveille cet art subtil et allusif qui plonge le lecteur dans un état second où la réalité prend un relief étrange et dépaysant. Un ouvrage important pour le genre”. (sdm)

“Sans doute y a-t-il du dilettantisme dans ces Fictions, jeux de l’esprit et exercices de style fort ingénieux. Pourtant, le pluriel signale d’emblée qu’il s’agit d’une réflexion sur la richesse foisonnante de l’imagination. Au nombre de dix-huit, ces contes fantastiques révèlent, chacun à sa manière, une ambition totalisante qui s’exprime à travers de nombreux personnages au projet démiurgique ou encore à travers La Bibliothèque de Babel, qui prétend contenir l’ensemble des livres, existants ou non.
La multitude d’univers parallèles et d’effets de miroir engendrent un “délire circulaire” vertigineux, une interrogation sur la relativité du temps et de l’espace. Dans quelle dimension sommes-nous ? Qui est ce “je” qui raconte l’invasion de la cité dans La Loterie de Babylone ? En mettant en vis-à-vis le Quichotte de Ménard et celui de Cervantès, lit-on la même chose ou bien la décision de redire suffit-elle à rendre la redite impossible ?
Il n’est pas certain que l’on ait envie d’être relevé du doute permanent qui nous habite au cours de cette promenade dans Le Jardin aux sentiers qui bifurquent. On accepte volontiers d’être les dupes de ces Artifices, conçus comme le tour le plus impressionnant d’un prestidigitateur exercé”. (Sana Tang-Léopold Wauters)




ROLAND BARTHES - Mythologies, Le vin et le lait, Le bifteck et les frites (1957)

Mardi 13 Septembre 2005

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(14 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“Le vin est senti par la nation française comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante espèces de fromages et sa culture. C’est une boisson-totem, correspondant au lait de la vache hollandaise ou au thé absorbé cérémonieusement par la […]”
[mp3 via edk] [wp]

Notre vie quotidienne se nourrit de mythes : le catch, le striptease, l’auto, la publicité, le tourisme… qui bientôt nous débordent. Isolés de l’actualité qui les fait naître, ils apparaissent soudainement pour ce qu’ils sont : l’idéologie de la culture de masse moderne. Le mythologue Roland Barthes les décrypte ici avec le souci - formulé dans l’essai sur le mythe aujourd’hui qui clôt l’ouvrage - de réconcilier le réel et les hommes, la description et l’explication, l’objet et le savoir.
“Nous voguons sans cesse entre l’objet et sa démystification, impuisssants à rendre sa totalité : car si nous pénétrons l’objet, nous le libérons mais nous le détruisons ; et si nous lui laissons son poids, nous le respectons, mais nous le restituons encore mystifié.” Roland Barthes



DYLAN THOMAS - Au Bois lacté (1953)

Lundi 29 Août 2005

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(21 mn)
Incipit, Extraits - [Livre audio mp3]
(lecture par Désiré Belladone, de Ma Parole!)
“Pour commencer par le commencement, c’est nuit de printemps sans lune dans le petit bourg, sans étoiles, et noir de bible, dans les rues aux pavés ronds, silencieuses et dans le bois bossu, bois des amoureux et des lapins qui boitillent imperceptiblement jusqu’à la […]”
[mp3 via edk] [wp] [ag]

(”Under Milk Wood” traduit de l’anglais par Jacques B. Brunius)

“Dylan Thomas voulait écrire une pièce pour les habitants du village où il termina ses jours, Laugharne (Pays de Galle), qui “mêlent les jeux d’intelligence de l’Ulysse de Joyce et le lyrisme campagnard des villageois”. “Under Milk Wood” (“Au Bois Lacté”) décrit une journée de printemps dans un port de pêche, la vie et les rêves des villageois, figures bouffones et poétiques.
Deux voix narratives tout au long de la pièce vous conduisent par les rues, pénètrent les intérieurs, présentent et révèlent les personnages que l’on va entendre d’abord rêver, s’éveiller, puis s’acquitter de leurs tâches quotidiennes, selon les moments et les lieux du jour, assister à leurs amours, leurs querelles, leur ordinaire fait d’excentricités. Les villageois se connaissent tous, se convoitent, se méprisent, se jalousent, s’aiment, les ragots vont bon train, même les morts y prennent part. Pas moins d’une soixantaine de personnages que l’auteur croque à l’aune de son destructeur génie poétique, de sa verve comique, et de la compassion qu’il éprouve pour les modèles de sa composition.
Dylan Thomas a voulu écrire une œuvre vive et bouffonne, recevable par tous. Poète au génie inné, il cisèle la langue à l’extrême, l’enrichit de métaphores, d’adjectifs qu’il invente, de systèmes d’assonance, entrelaçant sans cesse les genres littéraires où se juxtaposent lyrisme, dialogues, récitatifs, chansons, afin d’obtenir cette étonnante partition vocale qui lui fait ajouter en sous-titre d’Au Bois lacté “une pièce pour voix”. C’est également sa dernière pièce. Il en donna lecture lors de son dernier voyage aux Etats-Unis. Peu de temps après sa mort en 1953, la pièce fut éditée et une version pour la radio fut enregistrée par la BBC en 1954 avec Richard Burton lisant la voix numéro un.” (Théâtre National de Bretagne & Xavier Marchand).




UMBERTO ECO - Comment voyager avec un saumon - Comment voir une pendaison en direct à la télé (1993)

Jeudi 16 Juin 2005

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(5 mn)
Extrait - [Lecture mp3]
“Je regrette que les autorités compétentes aient refusé de retransmettre en direct à la télévision la dernière pendaison aux États-Unis. Mieux : il fallait pendre le condamné à […]”
[mp3 via edk] [wp]
(Traduit de l’italien par Myriem Bouzaher)

Quatrième de couverture :
Avez-vous déjà eu besoin de mettre un saumon fumé dans le mini-frigo de votre chambre d’hôtel ? Tenté d’installer un logiciel en lisant les trois volumes d’explications fournis par le fabricant. Renoncé à prendre un médicament anodin en raison des risques terribles que sa notice fait peser sur ” certains sujets ” ? Entrepris de chercher du sexe sur Internet ? Si vous répondez oui à l’une de ces questions, alors vous vous reconnaîtrez dans les pages de ce livre, qui relate, sur un mode hilarant et, hélas, vraisemblable, les aventures et mésaventures de l’homme d’aujourd’hui. En guise de bouquet final, vous découvrirez la Cacopédie : un hallucinant voyage dans le savoir scientifique moderne poussé vers la folle à force d’atomisation et de luxe théorique… L’universitaire spécialiste de sémiologie, le romancier érudit et puissant du Nom de la rose et de l’Ile du jour d’avant livre ici un autre visage : celui, moqueur et généreux, d’un observateur de notre temps et de sa folie ordinaire. Il convient d’ajouter qu’on éclate de rire à chaque page.




LESTER BANGS - Psychotic Reactions et autres carburateurs flingués - Iggy Pop, lampe à souder sado-maso (1977)

Lundi 6 Juin 2005



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Extrait - [Lecture mp3]
“Selon toutes les normes établies, le concert d’Iggy Pop au Palladium, vendredi soir, a été un triomphe. Iggy lui-même était férocement en forme, et le public d’un enthousiasme vorace - il aurait pu avoir autant de […]”
[mp3 via edk] [wp] [wp]

(Traduit de l’américain par Jean-Paul Mourlon)

L’intouchable micelle du plus grand des scribouillards rock. Le Michelin de la musique de jeunes qui ne distribue pas ses étoiles mais les plante là où ça fait mal… Compilant une cinquantaine d’attentats critiques perpétrés à l’Underwood rouillée par feu Lester Bangs entre 1970 et 1982 dans diverses publications américaines, Psychotic reactions & autres carburateurs flingués est en fait le vrai faux roman de la critique musicale d’après-guerre. Mi pamphlet, mi cri d’amour, la table des matières en dit long. Au hasard: “Jethro Tull au Vietnam”, “Ma nuit d’extase avec le J Geils Band”, “James Taylor doit mourir”, “Un programme de libération de masse sous forme de critique d’un disque des Stooges, ou : qui est l’imbécile ?”, et un peu plus loin encore “Louons maintenant les célèbres nains mortifères, ou : comment je me suis castagné avec Lou sans m’endormir une seule fois”. Et si les acteurs de Réactions psychotiques ont pour noms Iggy Pop, Van Morrison, Coltrane, Black Sabbath, Lennon, les Clash, le Velvet Underground ou bien encore Elvis, Bangs demeure la vraie star de ce torrent de délire. Difficile en effet d’en placer une qui fasse une étincelle après tant de lucidité nombriliste héritée d’Hunter S. Thompson voire de Tom Wolfe. Un pavé de mauvaises intentions déclamées avec une verve et un degré d’analyse assez rare. Et le style ! Ah oui, le style ! Surtout que le traducteur du monument en question brille plutôt niveau inspiration ; la moindre des choses pour ce Bangs (1948-1982) qui écrivit : “qui était le meilleur écrivain d’Amérique ? Bukowski ? Burroughs ? Hunter Thompson ? Laissez tomber. J’étais le meilleur. Je n’écrivais pratiquement que des chroniques de rock, et encore, pas tant que ça…”
–Marc Zisman




RENÉ DESCARTES - Discours de la méthode (1637)

Mercredi 1 Juin 2005



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Extrait - [Lecture mp3] (fichier sous licence CC)
“D’où vient que si on ôte le sang de quelque partie, on en ôte par le même moyen la chaleur; et encore que le coeur fût aussi ardent qu’un fer embrasé, il ne suffirait pas pour réchauffer les pieds et les mains tant […]”
[mp3 via edk] [wp] [txt]
Dans son Discours de la méthode, Descartes semble annoncer Le Corbusier quand il rêve de villes tracées au cordeau, délivrées du désordre médiéval, et qu’il compare l’empilement chaotique des savoirs hérités de la tradition à ces constructions de guingois encombrant le coeur de la capitale. Déplorant la confusion de leur agencement et magnifiant la transparence des édifices rationnels, Descartes formule le projet utopique d’un futur proche où l’homme se serait rendu “comme maître et possesseur de la nature”. Relire le Discours de la méthode c’est à cet égard remonter à la source des fantasmes prométhéens de la modernité.

Cependant, Descartes redevient philosophe dès lors qu’il rejoint sa chambre et nous invite, à son instar, à nous arrêter en chemin pour tester la solidité de nos certitudes. C’est à l’âge d’homme, quand le savoir accumulé obscurcit l’esprit, qu’il faut savoir s’offrir, au moins une fois en sa vie, le luxe du doute. Faites place nette sur votre table de chevet pour y déposer, comme une purge aux vertus cathartiques, ce texte radicalement moderne ! –Paul Klein




CHESTER HIMES - Faut être nègre pour faire ça - Les visages de la lune (1941)

Vendredi 27 Mai 2005


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Recueil de nouvelles, Extrait: Les visages de la lune - [Lecture mp3]
(lu par Luc Saint-Elie)
“Lorsqu’elle apparaît au bord de l’embrasure de pierre grise, on dirait la tranche luisante d’une pièce d’un dollar tout neuve, serrée dans une main gantée de noir. Vous seul voyez les barreaux métalliques, sombres, contre le ciel noir, et vous savez que […]”
[mp3 via edk] [wp] [ailleurs]

(traduit de l’américain par Hélène Devaux-Minié en 1986)

Quatrième de couverture :
Voici l’Amérique de Chester Himes: ses grands nègres dégingandés avec des chaussures jaunes, ses petites frappes blanches, ses anciens boxeurs, ses faux durs qui pleurent leur mère, ses vrais truands trahis par des putains angéliques ; ceux qui ont sué, dos courbé, dans les champs de coton ; ceux qui ont usé leurs semelles aux trottoirs de Chicago ; ceux qui ont perdu leur jeunesse dans les tripots de Harlem…
Tous, un jour ou l’autre, s’échouent en un même lieu : la prison.
C’est là que Chester Himes plante le décor de la plupart de ses récits, graves ou truculents, qui sont parmi les premiers qu’il ait écrits et le derniers encore inédits.
On savourera l’histoire de ces deux flics noirs qui, par une chienne de nuit glacée, dans des entrepôts crasseux, entament de façon catastrophique une carrière illustre: Ed Cerceuil et Fossoyeur sont nés…

Né en 1909 dans le Missouri, Chester Himes, garçon d’ascenseur, condamné pour vol à main armée, écrit ses premières nouvelles au pénitencier de l’Etat d’Ohio. Elles le rendront célèbre, ainsi qu’une quinzaine de romans, en Amérique comme en Europe où il s’est exilé et s’est éteint en 1984.




LOUIS-FERDINAND CÉLINE - Mort à crédit (1936)

Samedi 7 Mai 2005
Extraits - [Lecture mp3 par Arletty, 1956]
Grand merci à la bibliothèque sonore de la revue des ressources pour cet enregistrement!
“Le matin du certificat, ma mère a fermé sa boutique pour pouvoir mieux m’encourager. Ça se passait à la Communale près de Saint-Germain-l’Auxerrois dans le préau même. Elle me recommandait en route d’avoir bien confiance en moi-même. Le moment […]”
[wp] [wp]
Quatrième de couverture:
Deuxième grand roman de Louis-Ferdinand Céline, Mort à crédit, publié en 1936, raconte l’enfance du Bardamu de Voyage au bout de la nuit, paru quatre ans auparavant. Après un prologue situant son présent, médecin dans les années trente, le héros narrateur, Ferdinand, se rappelle ses jeunes années, dans un milieu petit bourgeois, vers 1900. Il est fils unique, élevé dans un passage parisien entre une grand-mère éducatrice fine et intuitive, une mère sacrificielle propriétaire d’un petit magasin de dentelles et objets de curiosité et un père violent et acariâtre, employé dans une compagnie d’assurances. Il grandit maladroitement, sans cesse victime des reproches amers de ses parents, multiplie les apprentissages et les échecs sentimentaux et professionnels, séjourne dans un collège anglais avant de voir son destin basculer avec la rencontre d’un inventeur loufoque, Léonard de Vinci de la fumisterie scientifique, pour vivre des aventures toujours tragi-comiques…
Texte des origines, marqué par le sceau de l’image maternelle, Mort à crédit est un parcours initiatique, tout en violence et en émotion, où les souvenirs s’accompagnent des misères et des révoltes de l’enfance. C’est aussi une formidable évocation de Paris au tournant du siècle, drôle et riche de cocasseries irrésistibles, dans un style propre à Céline, fait d’exclamation, cassant la syntaxe traditionnelle, transposant le parler populaire dru et vert dans le langage écrit. –Céline Darner

Présentation de la lecture d’Arletty par la revue des ressources:
En 1956, les lecteurs de Céline se font plus nombreux, grâce à la diffusion de Voyage en poche, et à un reportage présentant l’écrivain en compagnie de Michel Simon et d’Arletty à l’occasion de l’enregistrement d’un disque.
Les enregistrements d’Arletty sont, de nos jours, difficiles à trouver. Ils sont éparpillés dans différentes anthologies ou encore publiés dans des albums de peu d’intérêt. - On a remis récemment en circulation les passages qu’elle a enregistrés de Mort à Crédit de Louis-Ferdinand Céline. - Un CD mal identifié, intitulé Arletty et Michel Simon, est paru il y a quelques années.

Et prochainement :
René Descartes



GENEVIÈVE FRAISSE - La différence des sexes (1996)

Lundi 2 Mai 2005
Extraits - [Lecture mp3]
“La différence des sexes n’est pas une question philosophique parce que “les femmes” relèvent de l’apparence, sont par conséquent au plus loin de la vérité. Le sujet femme rend l’objet philosophique […]”
[mp3 via edk] [ailleurs]
Quatrième de couverture :
La différence des sexes n’est pas un objet philosophique, et pourtant cette différence se lit dans les textes depuis Platon jusqu’à aujourd’hui. Amour et éros n’existent pas sans l’Autre, autre sexe ou autre discours, autrui et altérité. Il est entendu également que l’activité philosophique relève du désir. comment comprendre alors cette présence/absence de la différence des sexes dans le texte philosophique? Ne serait-ce pas un moyen d’échange dans le discours plutôt que l’objet même du discours? N’y a-t-il pas, d’ailleurs, à partir de l’époque moderne et du déclin de la métaphysique, un usage nouveau de la différence des sexes que les philosophes auraient identifié sans en mesurer toujours l’enjeu conceptuel?
Pour répondre à ces questions, ce livre avance l’hypothèse de l’historicité de la différence des sexes.



RAYMOND QUENEAU - Exercices de style (1947)

Vendredi 22 Avril 2005
Extraits - [Lecture mp3]
“Notations
Dans l’S, à une heure d’affluence. Un type dans les vingt-six ans, chapeau mou avec cordon remplaçant le ruban, cou trop long comme si on lui avait tiré dessus. Les gens […]”
[mp3 via edk] [wp]
Article wikipédia :
Exercices de style est un ouvrage de Raymond Queneau paru en 1947 et dans lequel la même histoire est racontée 99 fois, de 99 façons différentes.
Dans cette histoire, le narrateur rencontre dans un bus, un jeune homme au long cou, coiffé d’un chapeau orné d’une tresse au lieu de ruban. Ce jeune homme échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, et va ensuite s’asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur revoit ce jeune homme qui est maintenant en train de discuter avec un ami. Celui le conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus.
Quelques exemples des différentes variantes sur lesquelles Queneau raconte l’histoire : récit, rêve, défitionnel, avec anglicismes, vulgaire, onomatopées, gastronomique…



DANIEL ICHBIAH - La saga des jeux vidéo (1997)

Vendredi 15 Avril 2005


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Extrait: Tetris - [Lecture mp3]
(lecture par Daniel Ichbiah)
“Par une journée de 1985, Alexei Pajitnov est traversé d’une étonnante inspiration. Il imagine un jeu fondé sur la chute de formes aléatoires à base de quatre carrés. En leur faisant subir les rotations appropriées, le joueur doit les emboîter de manière à établir des lignes pleines. Le but […]”
[mp3 via edk] [wp] [ailleurs]




ANTONIN ARTAUD - Van Gogh le suicidé de la société (1947)

Vendredi 25 Mars 2005
Incipit et extrait - [Lecture mp3]
“On peut parler de la bonne santé mentale de Van Gogh qui, dans toute sa vie, ne s’est fait cuire qu’une main et n’a pas fait plus, pour le reste, que de se trancher une fois l’oreille gauche, dans un monde où on mange chaque jour du vagin cuit à la sauce verte ou du sexe de nouveau-né flagellé et mis en rage, tel que cueilli à sa sortie du sexe maternel. […]”
[mp3 via edk] [wp] [wp]
Quatrième de couverture
“Je vois, à l’heure où j’écris ces lignes, le visage rouge sanglant du peintre venir à moi, dans une muraille de tournesols éventrés, dans un formidable embrasement d’escarbilles d’hyacinthe opaque et d’herbages de lapis-lazuli.
Tout cela, au milieu d’un bombardement comme météorique d’atomes qui se feraient voir grain à grain,
preuve que Van Gogh a pensé ses toiles comme un peintre, certes, et uniquement comme un peintre, mais qui serait,
par le fait même,
un formidable musicien.”

Dans Van Gogh le suicidé de la société, publié en 1947, quelques mois avant sa mort, Antonin Artaud rend au peintre un éblouissant hommage. Non, Van Gogh n’était pas fou, martèle-t-il, ou alors il l’était au sens de cette authentique aliénation dont la société et les psychiatres ne veulent rien savoir. “Mais quelle garantie les aliénés évidents de ce monde ont-ils d’être soignés par d’authentiques vivants?” (Aliénation et magie noire)




EMMANUEL CARRÈRE - Je suis vivant et vous êtes morts, Philip K. Dick 1928-1982 (1993)

Mardi 15 Mars 2005