Archives de Novembre 2005

EDWARD LEAR - The Book of Nonsense (1846)

Lundi 21 Novembre 2005

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(6 mn)
Extraits - [Livre audio mp3] (lecture par Désiré Belladone, de Ma Parole!)
Désiré nous fait l’honneur d’un petit cadeau sonore : deux poèmes et une vigoureuse recette de cuisine écrits par le fantasque Edward Lear. Merci!
[mp3 via edk] [wp]

(traduit de l’anglais par Robert Benayoun)

« Edward Lear (1812-1888). Dessinateur, peintre, aquarelliste, humoriste, Lear, précurseur de Lewis Caroll , est le créateur des Limericks, systématiques et courts poèmes, toujours illustrés, construits dira-t-il ” sans m’être aidé d’une autre convention que celle d’un ravissement sans bornes, faisant un accueil chaleureux à toute apparition d’une absurdité nouvelle, le nonsense, pur et absolu, fut mon but essentiel. ” Books of Nonsense, publié en Angleterre en 1863, valut à Edward Lear, outre une notoriété immense, l’amitié de la reine Victoria qui en fit son professeur de dessin ! Dénués du sens commun le plus élémentaire, continuèrent à paraître d’autre limericks, des alphabets, recettes de cuisine et autres botaniques délirantes. »

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
19 - Des prédicateurs de la mort



STENDHAL - Le rouge et le noir (1830)

Vendredi 11 Novembre 2005

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(15 mn)
Incipit - [Livre audio mp3] (fichier sous licence CC)
“La petite ville de Verrières peut passer pour l’une des plus jolies de la Franche-Comté. Ses maisons blanches avec leurs toits pointus de tuiles rouges, s’étendent sur la pente d’une colline, dont des touffes de vigoureux châtaigniers marquent les […]”
[mp3 via edk] [wp] [txt]

« Un de vos crimes c’est d’avoir exposé à nu et au grand jour certaines plaies du cœur humain trop salopes pour être vues… Il y a dans le caractère de Julien des traits atroces, dont tout le monde sent la vérité mais qui font horreur. Le but de l’art n’est pas de montrer ce côté de la nature humaine.» (Prosper Mérimée, Lettres à Stendhal)

« Le Grand secret de Stendhal, sa grande malice, c’est décrire tout de suite… De là, ce quelque chose d’alerte et de primesautier, de disconvenu, de subit et de nu qui nous ravit toujours à neuf dans son style. On dirait que sa pensée ne prend pas la peine de se chausser pour courir.» (André Gide, Journal, 1937)

« Beyle, un scélérat d’idées, je le sais, mais l’écrivain qui a pensé avec tant de vigueur Le Rouge et le Noir et la Chartreuse de Parme, cet homme qui, avec sa noirceur et ses perversités, brille d’une lueur sombre et dure au premier rang des puissances littéraires de son temps.» (Jules Barbey d’Aurevilly, Le Pays, 1855)

« Cet homme que j’aime si peu et dont je ne puis ouvrir un livre que je n’en dévore aussitôt quelques pages, comme il me déplaît et comme je l’admire.» (Julien Green, Journal, 1948)

Stendhal

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
18 - De l’arbre sur la montagne



JEAN-PAUL SARTRE - Les mots (1964)

Mardi 1 Novembre 2005

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(13 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“En Alsace, aux environs de 1850, un instituteur accablé d’enfants consentit à se faire épicier. Ce défroqué voulut une compensation : puisqu’il renonçait à former les esprits, un de ses fils formerait les […]”
[mp3 via edk] [wp] [ailleurs]

“Le lecteur a compris que je déteste mon enfance et tout ce qui en survit.” Loin de l’autobiographie conventionnelle qui avec nostalgie ferait l’éloge des belles années perdues, il s’agit ici pour Sartre d’enterrer son enfance au son d’un requiem acerbe et grinçant. Au-delà de ce regard aigu et distant qu’il porte sur ses souvenirs et qui constitue la trame de l’ouvrage et non pas son propos, l’auteur s’en prend à l’écrivain qui germe en lui. Pêle-mêle, il rabroue et piétine les illusions d’une vocation littéraire, le mythe de l’écrivain, la sacralisation de la littérature dans un procès dont il est à la fois juge et partie. Ainsi, “l’écrivain engagé” dénonce ce risible sacerdoce, cette religion absurde héritée d’un autre siècle.
Du crépuscule à l’aube, un travailleur en chambre avait lutté pour écrire une page immortelle qui nous valait ce sursis d’un jour. Je prendrais la relève : moi aussi, je retiendrais l’espèce au bord du gouffre par mon offrande mystique, par mon oeuvre.
On ne peut s’empêcher de sourire devant tant d’ironie, et l’on sent l’auteur s’y amuse aussi lorsque, avec cette langue parfaite et cette brillante érudition, il joue les pasticheurs. (Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot)

[…] Repris rapidement en 1963, le récit fut arrêté aux frontières des années d’enfance et les milliers de feuillets furent remaniés, récupérés tels quels de versions précédentes ou réécrits, raturés, brouillonnés à en donner le tournis, ramenés enfin à deux cent cinquante-trois pages : un petit chef-d’œuvre dédié “À madame Z”, d’abord publié en novembre-décembre 1963 dans la revue des Temps modernes puis en janvier 1964, en édition originale, chez Gallimard.
La même année, le prix Nobel de littérature fut officiellement décerné à Jean-Paul Sartre, qui le refusa. Ce refus fit naturellement scandale et fut diversement interprété, les uns ne voyant là qu’une manifestation d’un orgueil démesuré, voire même un “coup” publicitaire, tandis que d’autres, sans doute plus proches du philosophe, approuvaient son refus “de se laisser transformer en institution”. (exposition virtuelle BNF)

+ Nouvelle lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra :
17 - Lire et écrire