“Ça n’a rien à voir avec la mort. Mais ça a à voir avec la sublime beauté de la couleur de la viande. Ainsi parlait Francis Bacon, un peintre du XXe siècle, expliquant pourquoi il peignait des scènes sordides et sanguinolentes. Tout en admirant son sentiment, j’émets […]”
(”self-made man” traduit de l’américain par Nicolas Richard)
“Contes de la fée verte, son précédent recueil de nouvelles, démontrait la fulgurance du talent de Poppy Z. Brite. Avec Self-made man, elle revient avec de nouvelles histoires exquises et effrayantes. De l’horreur pure avec Délivrance, où un jeune travesti découvre l’amour avec un tueur, à la nouvelle historique déjantée, Mussolini et le jazz de la Nouvelle-Orléans, où un détective est engagé par le fantôme de l’archiduc François-Ferdinand, en passant par le saugrenu In vermis veritas où un asticot se confesse, Poppy Brite explore toutes les couleurs du fantastique et de l’horreur. Des derniers jours d’Elvis aux délires d’un médecin-légiste, des neiges d’un Amsterdam érotique aux bouillonnements méphitiques des bayous de la Nouvelle-Orléans, l’auteur nous convie à un festin riche de mille effrois délicats et raffinés.
Préfacé par Peter Straub, ce recueil […] comblera les plus gourmands et les fins gourmets.” (Daniel Conrad)
“Comme tous les hommes de Babylone, j’ai été proconsul; comme eux tous, esclave; j’ai connu comme eux tous l’omnipotence, l’opprobre, les prisons. Regardez : à ma main droite il manque l’index. Regardez : cette déchirure de mon manteau laisse voir sur mon estomac un […]”
(”Ficciones” traduit de l’espagnol par Nestor Ibarra)
“Fictions est une reprise de deux recueils publiés en 1941 et 1944, contenant 17 nouvelles ou contes brefs relevant du fantastique moderne dont l’écrivain argentin est l’un des meilleurs représentants. Maître de l’insolite, à l’érudition vertigineuse, Borges possède à merveille cet art subtil et allusif qui plonge le lecteur dans un état second où la réalité prend un relief étrange et dépaysant. Un ouvrage important pour le genre”. (sdm)
“Sans doute y a-t-il du dilettantisme dans ces Fictions, jeux de l’esprit et exercices de style fort ingénieux. Pourtant, le pluriel signale d’emblée qu’il s’agit d’une réflexion sur la richesse foisonnante de l’imagination. Au nombre de dix-huit, ces contes fantastiques révèlent, chacun à sa manière, une ambition totalisante qui s’exprime à travers de nombreux personnages au projet démiurgique ou encore à travers La Bibliothèque de Babel, qui prétend contenir l’ensemble des livres, existants ou non.
La multitude d’univers parallèles et d’effets de miroir engendrent un “délire circulaire” vertigineux, une interrogation sur la relativité du temps et de l’espace. Dans quelle dimension sommes-nous ? Qui est ce “je” qui raconte l’invasion de la cité dans La Loterie de Babylone ? En mettant en vis-à-vis le Quichotte de Ménard et celui de Cervantès, lit-on la même chose ou bien la décision de redire suffit-elle à rendre la redite impossible ?
Il n’est pas certain que l’on ait envie d’être relevé du doute permanent qui nous habite au cours de cette promenade dans Le Jardin aux sentiers qui bifurquent. On accepte volontiers d’être les dupes de ces Artifices, conçus comme le tour le plus impressionnant d’un prestidigitateur exercé”. (Sana Tang-Léopold Wauters)
“Le vin est senti par la nation française comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante espèces de fromages et sa culture. C’est une boisson-totem, correspondant au lait de la vache hollandaise ou au thé absorbé cérémonieusement par la […]”
Notre vie quotidienne se nourrit de mythes : le catch, le striptease, l’auto, la publicité, le tourisme… qui bientôt nous débordent. Isolés de l’actualité qui les fait naître, ils apparaissent soudainement pour ce qu’ils sont : l’idéologie de la culture de masse moderne. Le mythologue Roland Barthes les décrypte ici avec le souci - formulé dans l’essai sur le mythe aujourd’hui qui clôt l’ouvrage - de réconcilier le réel et les hommes, la description et l’explication, l’objet et le savoir.
“Nous voguons sans cesse entre l’objet et sa démystification, impuisssants à rendre sa totalité : car si nous pénétrons l’objet, nous le libérons mais nous le détruisons ; et si nous lui laissons son poids, nous le respectons, mais nous le restituons encore mystifié.” Roland Barthes
“De bois. De bois blanc. Ceci est une chaise de bois blanc. Quelqu’un ouvrit la porte d’un coup de pied. Je ne vis entrer personne. Je vis un pied, étroit, long, chaussé d’un godillot en peau de […]”
“Un grand sujet, la vie des ouvriers nord-africains en France, écrit par quelqu’un qui est leur frère, et a un vrai talent.” (Claude Roy - Libération)
“J’avais écrit ce livre en plein désarroi, un désarroi intense jusque dans le style. J’étais meurtri dans mon appétit de croire, moi dont l’enfance et l’adolescence avaient été nourries par les humanités livresques. Venu d’un autre monde, il me fallait témoigner de l’intérieur, sortir du cadre traditionnel du roman pour faire vivre les mots de la réalité. Ce fut une époque héroïque et éprouvante, à la mesure de cette France qui se reconstruisait moralement au lendemain de la guerre mondiale.” (Driss Chraïbi - dans Michel Legras, Etude sur Les Boucs de Driss Chraïbi, Paris, Ellipses, coll. « Résonances », 2001, p. 5)
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