Archives de Août 2005

DYLAN THOMAS - Au Bois lacté (1953)

Lundi 29 Août 2005

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(21 mn)
Incipit, Extraits - [Livre audio mp3]
(lecture par Désiré Belladone, de Ma Parole!)
“Pour commencer par le commencement, c’est nuit de printemps sans lune dans le petit bourg, sans étoiles, et noir de bible, dans les rues aux pavés ronds, silencieuses et dans le bois bossu, bois des amoureux et des lapins qui boitillent imperceptiblement jusqu’à la […]”
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(”Under Milk Wood” traduit de l’anglais par Jacques B. Brunius)

“Dylan Thomas voulait écrire une pièce pour les habitants du village où il termina ses jours, Laugharne (Pays de Galle), qui “mêlent les jeux d’intelligence de l’Ulysse de Joyce et le lyrisme campagnard des villageois”. “Under Milk Wood” (“Au Bois Lacté”) décrit une journée de printemps dans un port de pêche, la vie et les rêves des villageois, figures bouffones et poétiques.
Deux voix narratives tout au long de la pièce vous conduisent par les rues, pénètrent les intérieurs, présentent et révèlent les personnages que l’on va entendre d’abord rêver, s’éveiller, puis s’acquitter de leurs tâches quotidiennes, selon les moments et les lieux du jour, assister à leurs amours, leurs querelles, leur ordinaire fait d’excentricités. Les villageois se connaissent tous, se convoitent, se méprisent, se jalousent, s’aiment, les ragots vont bon train, même les morts y prennent part. Pas moins d’une soixantaine de personnages que l’auteur croque à l’aune de son destructeur génie poétique, de sa verve comique, et de la compassion qu’il éprouve pour les modèles de sa composition.
Dylan Thomas a voulu écrire une œuvre vive et bouffonne, recevable par tous. Poète au génie inné, il cisèle la langue à l’extrême, l’enrichit de métaphores, d’adjectifs qu’il invente, de systèmes d’assonance, entrelaçant sans cesse les genres littéraires où se juxtaposent lyrisme, dialogues, récitatifs, chansons, afin d’obtenir cette étonnante partition vocale qui lui fait ajouter en sous-titre d’Au Bois lacté “une pièce pour voix”. C’est également sa dernière pièce. Il en donna lecture lors de son dernier voyage aux Etats-Unis. Peu de temps après sa mort en 1953, la pièce fut éditée et une version pour la radio fut enregistrée par la BBC en 1954 avec Richard Burton lisant la voix numéro un.” (Théâtre National de Bretagne & Xavier Marchand).




MALCOLM LOWRY - Au-dessous du volcan (1947)

Lundi 22 Août 2005

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(18 mn)
Préface - [Livre audio mp3]
“J’aime les préfaces. Je les lis. Parfois, je ne vais pas plus avant, et il est probable que vous non plus, n’alliez pas plus avant. Dans ce cas, cette […]”
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(Traduit de l’anglais par Stephen Spriel avec la collaboration de Clarisse Francillon et de l’auteur)

“Au-dessous du volcan est un de ces livres qui se gravent à jamais dans la mémoire. Par-delà les années, on se souvient des circonstances dans lesquelles on a découvert Quauhnahuac, la ville située au pied du Popocatepetl, de l’envoûtement subi au bout de quelques pages et de la chute dans le mescal et dans le désespoir […] Appelez cela comme vous voudrez - un «livre-culte», un des chefs-d’œuvre du XXe siècle ou «une sorte de Divine Comédie ivre», pour reprendre la formule de Maurice Blanchot -, ce bouquin grandiose vous éblouit à la première lecture et vous révèle des richesses inépuisables chaque fois que vous replongez dedans.
Malcolm Lowry (1909-1957) y a mis tout ce qu’il avait dans le ventre et sur le cœur, tout ce qui lui donnait envie de vivre et de mourir. Poivrot typiquement britannique, il a fait de son héros un consul de Sa Majesté tombé au dernier degré de la déchéance éthylique. Grand voyageur et marin au long cours, il lui a donné un passé d’officier de marine. Il s’est inspiré d’un premier mariage malheureux pour peindre les retrouvailles déchirantes du consul et de sa femme Yvonne. Ses passions, ses obsessions transparaissent dans tous ses personnages, qui représentent chacun une part de lui-même. Et derrière l’histoire en apparence très simple d’une épave humaine échouée dans une petite cité mexicaine, Lowry laisse entrevoir une multitude de références, de Dante à Melville et à la Kabbale. Un exemple de cette complexité: le roman compte douze chapitres, tient dans les douze mois d’une année et se déroule en douze heures, le 2 décembre 1938 - jour des Morts. Par un extraordinaire tour de force, l’abondance des symboles n’alourdit jamais le récit; elle lui donne au contraire une profondeur vertigineuse.” (Didier Sénécal, Lire, juillet 1995 / août 1995).

“Un chef-d’œuvre comme il n’ en a pas dix par siècle ” (Paul Morelle, Le Monde).




PETER SHAPIRO - Modulations, Une histoire de la musique électronique (2000)

Lundi 15 Août 2005

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(8 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“Certes, le phonographe de Thomas Alva Edison n’était qu’une mécanique faite de roues et d’engrenages que l’on devait remonter à la manivelle, et non un boîtier électronique rempli de fils et de […]”
[mp3 via edk] [wp]

(Traduit de l’anglais par Benjamin Fau et Pauline Bruchet)

“Si vous cherchiez un point commun entre Daft Punk et Karlheinz Stockhausen, Giorgio Moroder et Aphex Twin, Public Enemy et Brian Eno, n’allez pas plus loin : ils font tous partie de la plus grande aventure musicale de la fin du XXe siècle (et du début de ce siècle), celle des musiques électroniques.

Né d’un travail multimédia mêlant productions cinématographiques, musicales et éditoriales, Modulations est la première histoire raisonnée des musiques électroniques publiée en France. Chaque chapitre, rédigé par un spécialiste, à la fois amoureux sonique et critique érudit, couvre une période de leur développement ou une branche de leur activité créative : depuis le futurisme italien jusqu’aux travaux de déconstruction sonores des musiciens de house ou de downtempo contemporains, depuis les montages de bandes magnétiques des précurseurs de la musique concrète jusqu’à l’extrémisme brutal du gabber et la douceur ouatée et enveloppante de l’ambiant, en passant par l’inventivité des pionniers de la musique hip-hop et les visions electro-funk des inventeurs de la techno de Detroit. Des annexes complètent le panorama en s’attardant sur les sous-genres les plus importants et les styles connexes les plus influents, tandis que des transcriptions d’interviews donnent la parole aux acteurs eux-mêmes. Chaque chapitre et chaque annexe comprend enfin une discographie sélective et commentée.

L’histoire des musiques électroniques est exemplaire en ce qu’elle allie volonté d’innovation de l’avant-garde et désir de reconnaissance publique des artistes de musique populaire. Jamais le lien entre développement technique et innovation musicale n’a été aussi fécond. Modulations, guide indispensable au néophyte autant qu’ouvrage de référence utile à l’amateur éclairé, dresse un tableau unique en son genre d’une aventure musicale incontournable à travers les récits de ses meilleurs historiens et les témoignages de ses intervenants les plus directs et les plus décisifs, et offre au lecteur les clefs pour comprendre le texte et le contexte d’une musique qui a révolutionné notre approche tant de la composition que de l’écoute musicale.” (Présentation de l’éditeur)




GUSTAVE FLAUBERT - La femme du monde (1836)

Lundi 8 Août 2005
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(7 mn)
Intégrale - [Livre audio mp3] (fichier sous licence CC)
“Tu ne me connais pas, frêle et chétive créature ; eh bien écoute. Mon nom est maudit sur la terre ; pourtant le malheur, le désespoir, l’envie qui y dominent en tyrans m’appellent souvent à leur secours. Je me réjouis dans les grandes cités et je dirige mes coups sur les peuples des […]”
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Contrairement à ce que s’imaginent les ingénus, on ne s’improvise pas écrivain. Les biographes nous ont appris que Balzac, Proust ou Simenon avaient noirci des rames de papier avant d’entrer pour de bon dans la carrière. Ce volume montre que Flaubert (1821-1880), lui non plus, n’a pas rechigné à faire ses gammes. L’ «idiot de la famille», le fumiste incapable de décrocher sa licence en droit, a tout de même rédigé l’équivalent de 1 200 pages de Pléiade entre neuf et vingt-quatre ans, sans compter les textes disparus.

La plupart de ces ébauches se lisent avec plaisir, mais valent surtout par ce qu’elles annoncent. Car tous les livres futurs, sous une forme ou sous une autre, sont esquissés dans les cahiers de l’écolier. Les Mémoires d’un fou et L’éducation sentimentale de 1845 sont à l’évidence des brouillons de la version définitive publiée en 1869.

Smar représente la première mouture d’une étrange allégorie à laquelle il consacrera une bonne partie de son existence: La tentation de saint Antoine. On relève une femme mariée abusée par un vulgaire don Juan, des scènes de bal, des silhouettes qui resurgiront dans Madame Bovary. L’attaque célébrissime de Salammbô («C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar») répond en écho à une autre phrase écrite à quatorze ans: «C’était par une folle nuit d’Italie, au mois d’août, à Florence…» Même chose pour Bouvard et Pécuchet, dont les racines plongent dans une pochade d’adolescent: Une leçon d’histoire naturelle, genre commis.

Ce gamin précoce ferait presque un peu peur. Sa vie d’adulte est toute tracée: sans laisser la moindre place au hasard des rencontres, elle aura pour unique objectif l’accomplissement de quatre ou cinq rêves d’enfant. Dans une lettre de 1851 à Louise Colet, Flaubert décrivait sa vocation d’écrivain comme une fatalité: «Depuis le temps où j’écrivais en demandant à ma bonne les lettres qu’il fallait employer pour faire les mots des phrases que j’inventais, jusqu’à ce soir où l’encre sèche sur les ratures de mes pages, j’ai suivi une ligne droite, incessamment prolongée, et tirée au cordeau à travers tout.»

Des ermites, des diables, de jolies femmes qui s’ennuient, des crétins en pagaille: la distribution est déjà au complet. Il ne manque qu’un petit détail pour que les trois coups puissent retentir. Le déclic aura lieu en 1846, lorsque son esprit sera envahi par une lubie qui le conduira à traquer les répétitions avec un soin maniaque, à soupeser chaque pronom, chaque adverbe, chaque virgule, à composer des romans de 500 pages comme s’il s’agissait de sonnets, à avancer à la vitesse d’un mot à l’heure, selon la boutade des frères Goncourt. C’est en se prosternant devant le Style, et en s’effaçant derrière Lui, que le petit génie de l’Hôtel-Dieu de Rouen devint le géant de Croisset. –Didier Sénécal, ©Lire




SERGE GAINSBOURG - Evguénie Sokolov (1980)

Lundi 1 Août 2005

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(11 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“De ma vie, sur ce lit d’hôpital que survolent les mouches à merde, la mienne, m’arrivent des images parfois précises souvent confuses, out of focus disent les photographes, certaines surexposées, d’autres au contraire obscures, qui […]”
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Auteur, compositeur, chanteur, photographe et metteur en scène, Serge Gainsbourg a écrit le roman d’un peintre, Evguénie Sokolov. Un peintre génial et solitaire. Mais quel est le secret de son génie, de ce vibrato du dessin, de cette manière ” sismographique ” qui fait sa gloire ? C’est ce mystère que révèle le roman. Un style froid et précis ajoute à la provocation d’un récit qui expose le destin le plus insolite que l’on puisse imaginer. Sarcastique et drôle, pour raconter une tragique histoire, Serge Gainsbourg nous propose en fait une ” allégorie “.