Archives de Juillet 2005

GEORGES VIGARELLO - Le propre et le sale, L’hygiène du corps depuis le Moyen Age (1985)

Dimanche 24 Juillet 2005

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(15 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“C’est en retraçant les actes familiers de Don Carlos, mystérieusement enlevé par quelques sbires masqués, que le Roman comique (1651) évoque un scène de toilette. Le prisonnier est […]”
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” Un livre serré, dense, subtil. Un livre très “propre”, a-t-on envie d’écrire. Son sujet : les définitions, les repères, les techniques de la propreté corporelle entre Moyen Age et XXe siècle. Sa thèse : qu’il ne faut pas confondre le renforcement de l’exigence de propreté, toujours plus insistante à partir du XVIe siècle, avec les pratiques qui aujourd’hui ont charge d’assurer la netteté du corps (…). Mais le livre est plus que cela. Il s’appuie, en effet, avec liberté et intelligence, sur les hypothèses proposées par le sociologue allemand Norbert Elias pour rendre compte du “processus de civilisation” qui caractérise les sociétés d’Occident entre XIIe et XIXe siècles (…).
Là est sans doute le prix de ce livre qui analyse le procès de civilisation occidentale à partir de l’un de ses traits les plus fondamentaux : à savoir, les transformations du rapport que les hommes ont eu avec leur corps. Séché, baigné, lavé. ”
Roger Chartier, Libération

Georges Vigarello est professeur à l’université de Paris-V, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.




MARGARET ATWOOD - La servante écarlate (1985)

Samedi 16 Juillet 2005

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(18 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“NUIT - Nous dormions dans ce qui fut autrefois le gymnase. Le sol était en bois verni, avec des lignes et des cercles tracés à la peinture, pour les jeux qui s’y jouaient naguère; les cerceaux des paniers de basket-ball étaient encore en place, mais […]”
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(Traduit de l’anglais par Sylviane Rué)

Présentation de l’éditeur:
Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l’Ordre a été restauré. L’Etat, avec le soutien de sa milice d’Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d’un Evangile revisité. Dans cette société régie par l’oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L’une d’elle raconte son quotidien de douleur, d’angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d’une vie révolue, d’un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d’une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits des femmes et éloge du bonheur présent.

Biographie de l’auteur
Immense romancière mais aussi poète et essayiste, Margaret Atwood, née en 1939 à Ottawa (Canada), a compris la stature du ” grand écrivain “. Qui a eu la chance et le privilège de la rencontrer n’a plus le moindre doute là-dessus, car si pour une part son œuvre roborative est là pour en témoigner, sa riche personnalité finit d’en attester. Aussi bien Margaret Atwood est-elle à plus d’un égard - prosaïquement dit - un personnage qui fascine. Si ses romans les plus récents - Captive, Le Tueur aveugle et Le Dernier homme - ont considérablement élargi le cercle de ses lecteurs de langue française, La Servante écarlate, cette ” utopie négative “, reste l’un de ses hauts faits d’armes dans le combat qu’elle a mené et continue de mener pour les femmes. Son souci pour l’écologie, sa vision du monde, alliés à son écriture d’une virtuosité inouïe, ont placé les livres de Margaret Atwood parmi les joyaux de la collection ” Pavillons “.




YASUNARI KAWABATA - Le maître ou Le tournoi de go (1952)

Samedi 9 Juillet 2005

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(19 mn)
Incipit + Introduction - [Livre audio mp3]
“Au matin du 18 janvier 1940, dans une auberge d’Atami, L’Uroko-ya, mourait le Maître Shusai, vingt et unième de la dynastie des Honimbo. Il entrait dans sa soixante-septième année. Le 18 janvier, c’est une date que l’on retient facilement à Atami. Dans le […]”
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(Traduit du japonais par Sylvie Regnault-Gatier)

Présentation de l’éditeur:

Yasunari Kawabata, le grand romancier japonais, prix Nobel de littérature en 1968, nous donne ici son oeuvre la plus dépouillée - celle qui lui tenait le plus à coeur. En racontant un tournoi de go, qui se déroula réellement en 1938 et qui est resté célèbre dans les annales de cet art, il analyse avec une minutie passionnée le drame d’un vieux lutteur qui succombe.
Car, sous le couvert d’un cérémonial quasi liturgique, dans le cadre séduisant d’une auberge de campagne japonaise, le vieux Maître, le héros jusqu’alors invaincu de tant d’autres “rencontres”, mène son dernier combat. En face de lui, un adversaire plus jeune, qui représente une autre sensibilité, un autre monde. Le Japon ancien affronte le nouveau, la tradition se défend contre le changement.
Sans que nul élève la voix, mais dans un climat d’une tension parfois insoutenable, le vieil homme va tomber sous les coups d’une puissante presse affairiste, des ambitions de la génération montante, et des intrigues de son entourage. En contre-point, l’auteur, ce merveilleux poète qui était aussi un habile joueur de go, commente les coups de cette partie pour laquelle même les non-initiés se passionneront et qui devient, sous sa plume, un jeu de vie et de mort.
On songe au Hermann Hesse du Jeu des perles de verre, ou au Nabokov de La Défense Loujine. Comme eux, mais de la manière unique qui est celle des conteurs orientaux, Kawabata sait évoquer les pouvoirs d’un haut divertissement de l’esprit, et en manier les symboles. Ainsi parvient-il, sans effort apparent, à exprimer la réalité la plus vaste. “Il suffit d’une branche d’arbre bien peinte”, a-t-il dit en citant le peintre chinois Chin Nung, “pour qu’on entende le bruit du vent.”

Et prochainement :
Prochainement : Flaubert