Archives de Juin 2005

CHRISTIAN LABORDE - L’Os de Dionysos (1987)

Lundi 27 Juin 2005

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(12 mn)
Incipit - [Livre audio mp3]
“Longtemps je me suis branlé de bonne heure, dans la forêt, non loin de la départementale qui, chaque jour, relie Sarrouilles à Tarbes. Chemise ouverte, je courais à travers les fougères constellées de rosée, dans l’odeur des lichens, des […]”
[mp3 via edk] [ailleurs]

Quatrième de couverture :
Le 12 mars 1987, L’Os de Dionysos a été interdit pour “…trouble illicite, incitation au désordre et à la moquerie, pornographie et danger pour la jeunesse en pleine formation physique et morale” par le Tribunal de Grande Instance de Tarbes.
Jugement confirmé le 30 avril 1987 par la Cour d’Appel de Pau pour ‘blasphème, lubricité, provocation, paganisme, trouble illicite et contenu incompatible avec le projet éducatif d’une école vouée au rayonnement de la parole du Christ”.
En mettant en scène , dans un récit érotico-satirique virulent et provocateur, le conformisme et la mesquinerie d’un établissement scolaire privé, Christian Laborde a obtenu un succès de scandale qui ne doit pas faire oublier la somptuosité verbale d’un jeune écrivain émule des surréalistes, salué par Claude Nougaro aussi bien qu’André Pieyre de Mandiargues.
“Christian Laborde est mon frère de race mentale, c’est un poète, c’est-à-dire un homme qui parle une langue de couleurs à délivrer les grands baisers de l’âme”. Claude Nougaro
“Votre livre, lu deux fois déjà, est beau… Et la beauté de Laure d’Astarac restera dans notre mémoire.” André Pieyre de Mandiargues



UMBERTO ECO - Comment voyager avec un saumon - Comment voir une pendaison en direct à la télé (1993)

Jeudi 16 Juin 2005

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(5 mn)
Extrait - [Lecture mp3]
“Je regrette que les autorités compétentes aient refusé de retransmettre en direct à la télévision la dernière pendaison aux États-Unis. Mieux : il fallait pendre le condamné à […]”
[mp3 via edk] [wp]
(Traduit de l’italien par Myriem Bouzaher)

Quatrième de couverture :
Avez-vous déjà eu besoin de mettre un saumon fumé dans le mini-frigo de votre chambre d’hôtel ? Tenté d’installer un logiciel en lisant les trois volumes d’explications fournis par le fabricant. Renoncé à prendre un médicament anodin en raison des risques terribles que sa notice fait peser sur ” certains sujets ” ? Entrepris de chercher du sexe sur Internet ? Si vous répondez oui à l’une de ces questions, alors vous vous reconnaîtrez dans les pages de ce livre, qui relate, sur un mode hilarant et, hélas, vraisemblable, les aventures et mésaventures de l’homme d’aujourd’hui. En guise de bouquet final, vous découvrirez la Cacopédie : un hallucinant voyage dans le savoir scientifique moderne poussé vers la folle à force d’atomisation et de luxe théorique… L’universitaire spécialiste de sémiologie, le romancier érudit et puissant du Nom de la rose et de l’Ile du jour d’avant livre ici un autre visage : celui, moqueur et généreux, d’un observateur de notre temps et de sa folie ordinaire. Il convient d’ajouter qu’on éclate de rire à chaque page.




MAURICE DRUON - Les Rois maudits - Le roi de fer (1955)

Samedi 11 Juin 2005

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(30 mn)
Extrait - [Lecture mp3]
“Un tronc entier, couché sur un lit de braises incandescentes, flambait dans la cheminée. Les vitraux verdâtres, cloisonnés de plomb, filtraient un jour de mars avare en lumière. Assise dans […]”
[mp3 via edk] [wp] [wp]
Quatrième de couverture :

Les Rois maudits, célèbre fresque historique en sept volumes, font revivre le XIVe siècle, entre le procès des templiers et les débuts de la guerre de Cent Ans. Traduits dans le monde entier, Les Rois maudits ont remporté un succès exceptionnel et sont considérés comme un des modèles contemporains du roman historique. Le Roi de fer, premier volume du cycle, a pour figure centrale Philippe IV le Bel, roi d’une beauté légendaire qui régnait sur la France en maître absolu. Tout devait s’incliner, plier ou rompre devant l’autorité royale. Mais l’idée nationale logeait dans la tête de ce prince calme et cruel pour qui la raison d’État dominait toutes les autres. Sous son règne, la France était grande et les Français malheureux.




LESTER BANGS - Psychotic Reactions et autres carburateurs flingués - Iggy Pop, lampe à souder sado-maso (1977)

Lundi 6 Juin 2005



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Extrait - [Lecture mp3]
“Selon toutes les normes établies, le concert d’Iggy Pop au Palladium, vendredi soir, a été un triomphe. Iggy lui-même était férocement en forme, et le public d’un enthousiasme vorace - il aurait pu avoir autant de […]”
[mp3 via edk] [wp] [wp]

(Traduit de l’américain par Jean-Paul Mourlon)

L’intouchable micelle du plus grand des scribouillards rock. Le Michelin de la musique de jeunes qui ne distribue pas ses étoiles mais les plante là où ça fait mal… Compilant une cinquantaine d’attentats critiques perpétrés à l’Underwood rouillée par feu Lester Bangs entre 1970 et 1982 dans diverses publications américaines, Psychotic reactions & autres carburateurs flingués est en fait le vrai faux roman de la critique musicale d’après-guerre. Mi pamphlet, mi cri d’amour, la table des matières en dit long. Au hasard: “Jethro Tull au Vietnam”, “Ma nuit d’extase avec le J Geils Band”, “James Taylor doit mourir”, “Un programme de libération de masse sous forme de critique d’un disque des Stooges, ou : qui est l’imbécile ?”, et un peu plus loin encore “Louons maintenant les célèbres nains mortifères, ou : comment je me suis castagné avec Lou sans m’endormir une seule fois”. Et si les acteurs de Réactions psychotiques ont pour noms Iggy Pop, Van Morrison, Coltrane, Black Sabbath, Lennon, les Clash, le Velvet Underground ou bien encore Elvis, Bangs demeure la vraie star de ce torrent de délire. Difficile en effet d’en placer une qui fasse une étincelle après tant de lucidité nombriliste héritée d’Hunter S. Thompson voire de Tom Wolfe. Un pavé de mauvaises intentions déclamées avec une verve et un degré d’analyse assez rare. Et le style ! Ah oui, le style ! Surtout que le traducteur du monument en question brille plutôt niveau inspiration ; la moindre des choses pour ce Bangs (1948-1982) qui écrivit : “qui était le meilleur écrivain d’Amérique ? Bukowski ? Burroughs ? Hunter Thompson ? Laissez tomber. J’étais le meilleur. Je n’écrivais pratiquement que des chroniques de rock, et encore, pas tant que ça…”
–Marc Zisman




RENÉ DESCARTES - Discours de la méthode (1637)

Mercredi 1 Juin 2005



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Extrait - [Lecture mp3] (fichier sous licence CC)
“D’où vient que si on ôte le sang de quelque partie, on en ôte par le même moyen la chaleur; et encore que le coeur fût aussi ardent qu’un fer embrasé, il ne suffirait pas pour réchauffer les pieds et les mains tant […]”
[mp3 via edk] [wp] [txt]
Dans son Discours de la méthode, Descartes semble annoncer Le Corbusier quand il rêve de villes tracées au cordeau, délivrées du désordre médiéval, et qu’il compare l’empilement chaotique des savoirs hérités de la tradition à ces constructions de guingois encombrant le coeur de la capitale. Déplorant la confusion de leur agencement et magnifiant la transparence des édifices rationnels, Descartes formule le projet utopique d’un futur proche où l’homme se serait rendu “comme maître et possesseur de la nature”. Relire le Discours de la méthode c’est à cet égard remonter à la source des fantasmes prométhéens de la modernité.

Cependant, Descartes redevient philosophe dès lors qu’il rejoint sa chambre et nous invite, à son instar, à nous arrêter en chemin pour tester la solidité de nos certitudes. C’est à l’âge d’homme, quand le savoir accumulé obscurcit l’esprit, qu’il faut savoir s’offrir, au moins une fois en sa vie, le luxe du doute. Faites place nette sur votre table de chevet pour y déposer, comme une purge aux vertus cathartiques, ce texte radicalement moderne ! –Paul Klein