Archives de Mai 2005
Vendredi 27 Mai 2005
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Recueil de nouvelles, Extrait: Les visages de la lune - [Lecture mp3]
(lu par Luc Saint-Elie) |
| “Lorsqu’elle apparaît au bord de l’embrasure de pierre grise, on dirait la tranche luisante d’une pièce d’un dollar tout neuve, serrée dans une main gantée de noir. Vous seul voyez les barreaux métalliques, sombres, contre le ciel noir, et vous savez que […]” |
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(traduit de l’américain par Hélène Devaux-Minié en 1986)
Quatrième de couverture :
Voici l’Amérique de Chester Himes: ses grands nègres dégingandés avec des chaussures jaunes, ses petites frappes blanches, ses anciens boxeurs, ses faux durs qui pleurent leur mère, ses vrais truands trahis par des putains angéliques ; ceux qui ont sué, dos courbé, dans les champs de coton ; ceux qui ont usé leurs semelles aux trottoirs de Chicago ; ceux qui ont perdu leur jeunesse dans les tripots de Harlem…
Tous, un jour ou l’autre, s’échouent en un même lieu : la prison.
C’est là que Chester Himes plante le décor de la plupart de ses récits, graves ou truculents, qui sont parmi les premiers qu’il ait écrits et le derniers encore inédits.
On savourera l’histoire de ces deux flics noirs qui, par une chienne de nuit glacée, dans des entrepôts crasseux, entament de façon catastrophique une carrière illustre: Ed Cerceuil et Fossoyeur sont nés…
Né en 1909 dans le Missouri, Chester Himes, garçon d’ascenseur, condamné pour vol à main armée, écrit ses premières nouvelles au pénitencier de l’Etat d’Ohio. Elles le rendront célèbre, ainsi qu’une quinzaine de romans, en Amérique comme en Europe où il s’est exilé et s’est éteint en 1984.
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Dimanche 22 Mai 2005
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Incipit - [Lecture mp3]
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| “Au XVIIIe siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus abominables de cette époque qui pourtant ne manqua pas de génies abominables. C’est son histoire qu’il s’agit de raconter ici. Il s’appelait Jean-Baptiste Grenouille et […]” |
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| (traduit de l’allemand par Bernard Lortholary)
Quatrième de couverture :
Au XVIIIème siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s’appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance, furent épouvantables et tout autre que lui n’aurait pas survécu. Mais Grenouille n’avait besoin que d’un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n’avait besoin de rien.
Or ce monstre de Grenouille, car il s’agissait bel et bien d’un genre de monstre, avait un don, ou plutôt un nez unique au monde et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l’univers, car ” qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le cœur des hommes “.
C’est son histoire, abominable… et drolatique, qui nous est racontée dans Le Parfum, un roman qui, dès sa parution, eut un succès extraordinaire et est devenu très vite un best-seller mondial.
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Mardi 17 Mai 2005
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Incipit - [Lecture mp3]
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| “7 juin 1954, dans la banlieue de Manchester. Comme chaque soir, Alan turing mange une pomme avant de s’endormir. Cette fois, le fruit a été trempé dans le cyanure. Une morsure a suffi pour que disparaisse dans l’indifférence la plus complète le père de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Un cerveau […]” |
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Quatrième de couverture :
Pomme croquée et drapeau arc-en-ciel, le constructeur d’ordinateurs Apple rendait un hommage crypté au mathématicien homosexuel Alan Turing, l’un des plus grands esprits du XXe siècle, qui mit fin à ses jours le soir du 7 juin 1954 en mordant dans une pomme imprégnée de cyanure.
Cet étrange surdoué, étudiant à Cambridge dans les années 1930, se distingue en posant les fondations des recherches en intelligence artificielle. En 1936, il a l’idée de concevoir un ordinateur. La Seconde Guerre mondiale lui offre l’occasion d’appliquer ses théories : pour le compte des services secrets britanniques, il parvient à percer le secret de la machine Enigma qui permettait aux nazis de coder leurs messages, et contribue ainsi à la victoire des Alliés.
Mais ce héros discret est contraint de demeurer dans l’ombre, une première fois en raison de ses travaux pour les services secrets et par la suite pour sa sexualité : dans la Grande-Bretagne d’après-guerre, l’homosexualité est un crime. Ecarté de tous les grands projets scientifiques, Turing est condamné en 1952 à la castration chimique.
Mariant enquête journalistique et archives conservées à Cambridge, Laurent Lemire conte l’histoire stupéfiante d’un génie victime de la cruauté et de l’intolérance de son temps.
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Jeudi 12 Mai 2005
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Incipit - [Lecture mp3]
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| “C’était janvier, il faisait froid et sombre, il pleuvait. J’étais las et déprimé, mes essuie-glaces ne fonctionnaient pas et j’avais la gueule de bois après une longue soirée de beuverie et de discussions avec un réalisateur millionaire qui voulait […]” |
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(traduction par Brice Matthieussent)
Chronique :
Coincé entre une progéniture ingrate et un talent de plus en plus incertain, le personnage principal de Mon chien stupide oscille entre un cynisme salvateur et des envies de fuite. Fils d’immigrés italiens, il caresse le rêve d’un retour à ses racines, fantasmant sur une vie paisible aux terrasses des cafés de la Piazza Navona à Rome. Mais pour l’heure, il faut courir le cachet, écrire des scénarios médiocres pour des séries télé affligeantes… ou le plus souvent aller encaisser un chèque des allocations de chômage.
L’existence tumultueuse de la famille est bouleversée lorsqu’un gigantesque chien décide de s’installer dans la maison, pour le plus grand bonheur de l’auteur raté mais au grand dam du reste de sa tribu. Mon chien stupide est une tragicomédie de la crise individuelle : crises d’adolescence à retardement, démon de midi, couple en déliquescence. John Fante signe ici un roman touchant, débordant de compassion et d’acide lucidité. –Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot
Quatrième de couverture :
Si vous avez des idées noires, plongez-vous dans Mon chien Stupide. Vous en sortirez revigoré. Le nouvel avatar de Fante, alias Bandini, est un quinquagénaire, vivant sur le bord du Pacifique avec sa femme et ses quatre enfants qui le font tourner en bourrique. Il recueille un énorme quadrupède, Stupide, un chien étrange qui complète la maisonnée. C’est à la fois drôle, ironique, tragique, bouleversant et merveilleusement écrit. A lire de toute urgence. — Pierre Roudil, Figaro Magazine, 1987.
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Samedi 7 Mai 2005
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Extraits - [Lecture mp3 par Arletty, 1956] Grand merci à la bibliothèque sonore de la revue des ressources pour cet enregistrement! |
| “Le matin du certificat, ma mère a fermé sa boutique pour pouvoir mieux m’encourager. Ça se passait à la Communale près de Saint-Germain-l’Auxerrois dans le préau même. Elle me recommandait en route d’avoir bien confiance en moi-même. Le moment […]” |
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Quatrième de couverture:
Deuxième grand roman de Louis-Ferdinand Céline, Mort à crédit, publié en 1936, raconte l’enfance du Bardamu de Voyage au bout de la nuit, paru quatre ans auparavant. Après un prologue situant son présent, médecin dans les années trente, le héros narrateur, Ferdinand, se rappelle ses jeunes années, dans un milieu petit bourgeois, vers 1900. Il est fils unique, élevé dans un passage parisien entre une grand-mère éducatrice fine et intuitive, une mère sacrificielle propriétaire d’un petit magasin de dentelles et objets de curiosité et un père violent et acariâtre, employé dans une compagnie d’assurances. Il grandit maladroitement, sans cesse victime des reproches amers de ses parents, multiplie les apprentissages et les échecs sentimentaux et professionnels, séjourne dans un collège anglais avant de voir son destin basculer avec la rencontre d’un inventeur loufoque, Léonard de Vinci de la fumisterie scientifique, pour vivre des aventures toujours tragi-comiques…
Texte des origines, marqué par le sceau de l’image maternelle, Mort à crédit est un parcours initiatique, tout en violence et en émotion, où les souvenirs s’accompagnent des misères et des révoltes de l’enfance. C’est aussi une formidable évocation de Paris au tournant du siècle, drôle et riche de cocasseries irrésistibles, dans un style propre à Céline, fait d’exclamation, cassant la syntaxe traditionnelle, transposant le parler populaire dru et vert dans le langage écrit. –Céline Darner
Présentation de la lecture d’Arletty par la revue des ressources:
En 1956, les lecteurs de Céline se font plus nombreux, grâce à la diffusion de Voyage en poche, et à un reportage présentant l’écrivain en compagnie de Michel Simon et d’Arletty à l’occasion de l’enregistrement d’un disque.
Les enregistrements d’Arletty sont, de nos jours, difficiles à trouver. Ils sont éparpillés dans différentes anthologies ou encore publiés dans des albums de peu d’intérêt. - On a remis récemment en circulation les passages qu’elle a enregistrés de Mort à Crédit de Louis-Ferdinand Céline. - Un CD mal identifié, intitulé Arletty et Michel Simon, est paru il y a quelques années.
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Et prochainement :
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Lundi 2 Mai 2005
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Extraits - [Lecture mp3]
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| “La différence des sexes n’est pas une question philosophique parce que “les femmes” relèvent de l’apparence, sont par conséquent au plus loin de la vérité. Le sujet femme rend l’objet philosophique […]” |
| [mp3 via edk] [ailleurs] |
Quatrième de couverture :
La différence des sexes n’est pas un objet philosophique, et pourtant cette différence se lit dans les textes depuis Platon jusqu’à aujourd’hui. Amour et éros n’existent pas sans l’Autre, autre sexe ou autre discours, autrui et altérité. Il est entendu également que l’activité philosophique relève du désir. comment comprendre alors cette présence/absence de la différence des sexes dans le texte philosophique? Ne serait-ce pas un moyen d’échange dans le discours plutôt que l’objet même du discours? N’y a-t-il pas, d’ailleurs, à partir de l’époque moderne et du déclin de la métaphysique, un usage nouveau de la différence des sexes que les philosophes auraient identifié sans en mesurer toujours l’enjeu conceptuel?
Pour répondre à ces questions, ce livre avance l’hypothèse de l’historicité de la différence des sexes.
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