Archives de Mars 2005

Site miroir en cas de défaillance du site principal

Mercredi 30 Mars 2005

Hier notre hébergeur a eu quelques problèmes techniques qui ont fait que www.incipitblog.com ne répondait plus.
Je pense conserver l’ancienne adresse du site (http://incipitblog.free.fr) pour en faire une sorte de miroir, qui ne sera pas forcément très à jour, mais qui pourra être consulté au cas où le .com retombe en panne (comment ça pessimiste? prudent, c’est tout).

Donc en cas de problèmes sur www.incipitblog.com, essayez incipitblog.free.fr.




ANTONIN ARTAUD - Van Gogh le suicidé de la société (1947)

Vendredi 25 Mars 2005
Incipit et extrait - [Lecture mp3]
“On peut parler de la bonne santé mentale de Van Gogh qui, dans toute sa vie, ne s’est fait cuire qu’une main et n’a pas fait plus, pour le reste, que de se trancher une fois l’oreille gauche, dans un monde où on mange chaque jour du vagin cuit à la sauce verte ou du sexe de nouveau-né flagellé et mis en rage, tel que cueilli à sa sortie du sexe maternel. […]”
[mp3 via edk] [wp] [wp]
Quatrième de couverture
“Je vois, à l’heure où j’écris ces lignes, le visage rouge sanglant du peintre venir à moi, dans une muraille de tournesols éventrés, dans un formidable embrasement d’escarbilles d’hyacinthe opaque et d’herbages de lapis-lazuli.
Tout cela, au milieu d’un bombardement comme météorique d’atomes qui se feraient voir grain à grain,
preuve que Van Gogh a pensé ses toiles comme un peintre, certes, et uniquement comme un peintre, mais qui serait,
par le fait même,
un formidable musicien.”

Dans Van Gogh le suicidé de la société, publié en 1947, quelques mois avant sa mort, Antonin Artaud rend au peintre un éblouissant hommage. Non, Van Gogh n’était pas fou, martèle-t-il, ou alors il l’était au sens de cette authentique aliénation dont la société et les psychiatres ne veulent rien savoir. “Mais quelle garantie les aliénés évidents de ce monde ont-ils d’être soignés par d’authentiques vivants?” (Aliénation et magie noire)




Nouvelle adresse pour le site : www.incipitblog.com

Jeudi 24 Mars 2005

J’ai lu ces derniers jours quelques pages au style peu ragoûtant mais à l’utilité certaine : notices d’installation de wordpress, de plugins, format d’encodage des caractères unicode, règles de redirection du fichier .htaccess, etc.
Et finalement, avec l’aide précieuse de Tuxfamily, IncipitBlog a désormais son nom de domaine (www.incipitblog.com) et un véritable hébergeur (la famille tux susnommée). Mettez à jour vos favoris et vos liens vers cette nouvelle adresse car si l’ancienne fonctionne encore pour l’instant, ce n’est que temporaire.

On reprend les lectures dès très bientôt (oui oui, “dès très bientôt”, c’est nouveau).

Liseur



EMMANUEL CARRÈRE - Je suis vivant et vous êtes morts, Philip K. Dick 1928-1982 (1993)

Mardi 15 Mars 2005
Chapitre 9 - [Lecture mp3]
“Un après-midi de novembre 1963, il marchait entre les pâturages que des pluies continuelles avaient transformés en bourbiers. Dans les combes, des branches d’arbres émergeaient des eaux; bientôt, il faudrait une barque pour […]”
[mp3 via edk] [wp]
Quatrième de couverture
Pour vous, Philip K. Dick n’est peut-être que le nom d’un auteur de science-fiction, inspirateur des films Blade Runner et Total Recall. Pour beaucoup de ses lecteurs, c’est un des écrivains essentiels de ce siècle. Et, pour quelques-uns, l’agent d’une authentique Révélation. Une question l’obsédait, qui fit de sa vie chaotique une étrange odyssée spirituelle : qu’est-ce qui est réel ? Qu’est-ce qui nous prouve, par exemple, que l’Allemagne et le Japon n’ont pas gagné la guerre ? Que nous vivons sur Terre ? Que nous sommes bien des hommes ? Que nous ne sommes pas morts ? Dans la Californie des années soixante, ces doutes vertigineux devaient rencontrer la drogue, Dick espéra qu’elle lui donnerait accès, par-delà les simulacres, à la Réalité ultime. Il passa pour un apôtre du LSD, un gourou de la contre-culture. Le Maître du haut château, Ubik, La Vérité avant-dernière, ces romans qui rendent fous, furent pour toute une génération la Bible psychédélique. Puis le rêve tourna au cauchemar. L’explorateur de la conscience s’égara dans son labyrinthe. En 1974, après des années d’errance épouvantée, il eut une expérience mystique, et jusqu’à sa mort se demanda s’il était un prophète ou le jouet d’une psychose paranoïaque, et s’il y a une différence entre les deux. Celui à qui Dieu parle entend-il autre chose que sa propre voix ?



MICHEL FOUCAULT - Surveiller et punir (1975)

Mardi 8 Mars 2005
Incipit - [Lecture mp3]
“Damiens avait été condamné, le 2 mars 1757, à “faire amende honorable devant la principale porte de l’Église de Paris”, où il devait “être mené et conduit dans un tombereau, nu, en chemise, tenant une torche de cire ardente […]”
[mp3 via edk] [wp]
Présentation de l’éditeur
Peut-être avons-nous honte aujourd’hui de nos prisons. Le XIXe siècle, lui, était fier de ses forteresses qu’il construisait aux limites et parfois au cœur des villes. Il s’enchantait de cette douceur nouvelle qui remplaçait les échafauds. Il s’émerveillait de ne plus châtier les corps, et de savoir désormais corriger les âmes. Ces murs, ces verrous, ces cellules figuraient toute une entreprise d’orthopédie sociale. Ceux qui volent, on les emprisonne ; ceux qui violent, on les emprisonne ; ceux qui tuent, également. D’où vient cette étrange pratique et le curieux projet d’enfermer pour redresser, que portent avec eux les Codes pénaux de l’époque moderne ? Un vieil héritage des cachots du Moyen Age ? Plutôt une technologie nouvelle : la mise au point, du XVIe au XIXe siècle, de tout un ensemble de procédures pour quadriller, contrôler, mesurer, dresser les individus, les rendre à la fois ” dociles et utiles “. Surveillance, exercices, manœuvres, notations, rangs et places, classements, examens, enregistrements, toute une manière d’assujettir les corps, de maîtriser les multiplicités humaines et de manipuler leurs forces s’est développée au cours des siècles classiques, dans les hôpitaux, à l’armée, dans les écoles, les collèges ou les ateliers : la discipline. Le XVIIIe siècle a sans doute inventé les libertés ; mais il leur a donné un sous-sol profond et solide - la société disciplinaire dont nous relevons toujours. La prison est à replacer dans la formation de cette société de surveillance. La pénalité moderne n’ose plus dire qu’elle punit des crimes ; elle prétend réadapter des délinquants. Peut-on faire la généalogie de la morale moderne à partir d’une histoire politique des corps ?



PAUL LAFARGUE - Le droit à la paresse (1880)

Jeudi 3 Mars 2005
Incipit - [Lecture ogg] [Lecture mp3] (fichiers sous licence CC)
“Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail […]”
[mp3 via edk] [wp] [txt]
Quatrième de couverture
Et si l’entame du texte de Lafargue était le secret du succès jamais démenti mais ambigu de ce Droit à la paresse ? Et si Le Droit à la paresse était beaucoup plus qu’un pamphlet superbement écrit ? S’il contenait une compréhension essentielle de la transformation nécessaire et actuelle de nos sociétés à travers la nature même du travail productif ? Oui, la paresse est la mère de toutes les vertus, car elle est ce par quoi l’homme cherche à économiser ses forces, à surmonter ses déceptions. C’est elle qui lui fait inventer des organisations sociales, révolutionner des techniques, imaginer des cultures. Cela, toutes les idéologies de la performance, de la réussite individuelle ou du productivisme ne parviendront jamais à l’effacer.