Archives de Février 2005

ALBERT LONDRES - Chez les fous (1925)

Dimanche 27 Février 2005
Incipit - [Lecture ogg] [Lecture mp3] (fichiers sous licence CC)
“JE NE SUIS pas fou, du moins visiblement, mais j’ai désiré voir la vie des fous. Et l’administration française ne fut pas contente. Elle me dit: “Loi de 38, secret professionnel, vous ne verrez pas la vie des fous.” […]”
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Quatrième de couverture
Après avoir dénoncé les bagnes de Guyane et Biribi, c’est à une autre forme d’enfermement qu’Albert Londres entend s’attaquer : les asiles d’aliénés. Se heurtant, une fois encore, à la mauvaise volonté des autorités administratives, le grand reporter tentera même de se faire passer pour fou. Parvenant enfin à pénétrer dans plusieurs établissements, il réalisera de nombreuses interviews de malades, qui fourniront la matière de douze articles - volontairement - polémistes. La rédaction du Petit Parisien hésitera avant de publier cette enquête, qui ne paraîtra qu’en mai 1925. Devant l’indignation des psychiatres et des aliénistes, Albert Londres, dans le livre qui fera suite à la publication du reportage, sera contraint d’adoucir certains passages et de maquiller quelques noms propres.

La chronique de Lire
Dans un récit où se mêlent anecdotes, portraits et interviews, le grand reporter raconte son périple au coeur de l’univers méconnu des asiles de l’entre-deux-guerres. Des camisolés aux «malades» arrivés là par erreur, il dévoile les réalités sordides de ces existences sacrifiées. –Caroline Chiron, ©Lire–




GEORGES HYVERNAUD - La peau et les os (1949)

Mardi 22 Février 2005
Incipit - [Lecture mp3]
“Picolo te reconnaît bien, tu sais, m’a dit Tante Julia. Picolo, c’est le chien. Baveux, chassieux, ignoble, il tremblote sur un coussin. C’est un amour, dit la tante qui se déplace autour de la table dans son épaisse odeur de vaseline. L’Oncle me […]”
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Quatrième de couverture
Georges Hyvernaud est né en 1902 en Charente, professeur dans les écoles normales d’instituteurs, il fut mobilisé en 1939, capturé et prisonnier en Allemagne. La peau et les os (publié en 1949) est le témoignage de ces années. La parution à partir de 1985 de ses Oeuvres complètes a fait sortir de l’oubli cet écrivain que Raymond Guérin et Etiemble ont défendu. Georges Hyvernaud est mort le 24 mars 1983.

En juin 1940, des centaines de milliers de vaincus s’acheminent vers les stalags sous les coups et les cris du vainqueur. Georges Hyvernaud, instituteur charentais, marche dans ce troupeau en guenilles, hébété de faim, de fatigue et de honte.
Au bout du voyage, cinq ans de nuit et de boue. Dix-huit cents jours d’humiliation, de promiscuité répugnante, de pestilence et d’abjection. Le prisonnier de guerre est cet homme nu, privé d’identité, d’espoir et de rêves. “La peau et les os” est un témoignage impassible sur le cauchemar, le vide, la mort.
Ce livre terrible, chef-d’oeuvre longtemps oublié, est aussi un acte magnifique d’exorcisme et de libération.



EDGAR ALLAN POE - Le corbeau (1845)

Samedi 19 Février 2005
Traduit par Baudelaire (1853) - [Lecture ogg] - [Lecture mp3] (fichiers sous licence CC)
“Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement […]”
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Edgar Poe aime à agiter ses figures sur des fonds violâtres et verdâtres où se révèlent la phosphorescence de la pourriture et la senteur de forage. - Baudelaire.

Traduit par Mallarmé (1888) - [Lecture ogg] - [Lecture mp3] (fichiers sous licence CC)
“Une fois, par un minuit lugubre, tandis que je m’appesantissais, faible et fatigué, sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié — tandis que je dodelinais la tête, somnolant presque : soudain se fit un heurt […]”
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MARTIN MONESTIER - Les Monstres (1978)

Mardi 15 Février 2005
Préface - [Lecture mp3]
“Lorsque l’idée me vint d’entreprendre l’étude des monstres, je ne percevais pas moi-même très distinctement les raisons qui m’y poussaient et pourquoi ces phénomènes et leurs mystères m’attiraient de façon si […]”
[mp3 via edk] [ailleurs]
Quatrième de couverture
“Nous les monstres, aujourd’hui chefs-d’oeuvre de l’insolite, ne sommes-nous pas les éclaireurs avancés de l’humanité de demain? ” fait dire Martin Monestier à Serpentina, la ” femme-serpent ” du début du siècle. Femmes-troncs ; hommes-chiens ; géants ; nains ; femmes-grenouilles ; hommes à trois jambes, ou à deux têtes ; frères siamois ; cyclopes ; sirènes et autres monstres, de toutes les époques, de toutes les civilisations de tous les coins du monde sont rassemblés dans une stupéfiante galerie de destins heureux ou tragiques, mais toujours passionnants. Ils se dénomment eux-mêmes ” Les oubliés de Dieu “. Hier, les divinités ordonnaient leur mort, ou les foules faisaient leur fortune tandis que les rois et les princes les comblaient de bienfaits. Aujourd’hui ils sont 180 millions que la société écarte de la lumière. Ce livre est un amoncellement inouï de documents, d’informations, mal connus ou inédits et de photographies rarissimes. Rassemblés par l’auteur qui les présente sans complaisance, avec minutie et érudition, ils le posent comme le premier historien des monstres. Ce voyage au pays du merveilleux, de l’horrible ou du sublime pourrait choquer. Il faut cependant s’y engager pour comprendre cette humanité et apporter aux ” monstres “, à nos semblables, la seule réponse qu’on leur doit, le droit d’exister.



BALZAC - La peau de chagrin (1831)

Dimanche 13 Février 2005
Incipit - [Lecture mp3] (fichier sous licence CC)
“Vers la fin du mois d’octobre dernier, quelque temps après l’heure à laquelle s’ouvrent les maisons de jeu, conformément à la loi qui protège, à Paris, une passion […]”
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Si tu me possèdes, tu posséderas tout.
Mais ta vie m’appartiendra. Dieu l’a
voulu ainsi. Désire, et tes désirs
seront accomplis. Mais règle
tes souhaits sur ta vie.
Elle est là. A chaque
vouloir je décroîtrai
comme tes jours.
Me veux-tu ?
Prends. Dieu
t’exaucera.
- soit !



VILLIERS DE L’ISLE-ADAM - Contes cruels : Véra (1883)

Jeudi 10 Février 2005
Véra - [Lecture mp3] (fichier sous licence CC)

“L’amour est plus fort que la mort, a dit Salomon: oui, son mystérieux pouvoir est illimité. C’était à la tombée d’un soir d’automne, en ces dernières années, à Paris. Vers le sombre faubourg […]”

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(Quatrième de couverture:
« Dans le tempérament de Villiers, existait un coin de plaisanterie noire et de raillerie féroce ; ce n’étaient plus les paradoxales mystifications d’Edgar Poe, c’était un bafouage d’un comique lugubre, tel qu’en ragea Swift. » J.K. Huysmans)



Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789

Mercredi 9 Février 2005
[Lecture mp3] (fichier sous licence CC)

“Les représentants du peuple français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements […]”

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FRANZ KAFKA - La métamorphose (1915)

Lundi 7 Février 2005
Incipit - [Lecture mp3] (fichier sous licence CC)

“Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé en une véritable vermine. Il était couché sur le dos, un dos dur comme une cuirasse […]”

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(Quatrième de couverture:
Lorsque Gregor Samsa s’éveille, un matin, après des rêves agités, il est bel et bien métamorphosé. Doté d’une épaisse carapace d’où s’échappent de pitoyables petites pattes ! Lugubre cocasserie ? Hélas, ultime défense contre ceux qui, certes, ne sont pas des monstres mais de vulgaires parasites… Les siens. Père, mère, soeur, dont l’ambition est de l’éliminer après avoir contribué à l’étouffer… Ici, un homme se transforme en coléoptère monstrueux, là, un engin pervers tue avec application… Dans la colonie pénitentiaire, c’est l’expérimentation en direct. Une machine infernale s’acharne sur un soldat soumis. Une machinerie hors pair, digne d’un inventeur à l’imagination torturée !)



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Samedi 5 Février 2005

Prochainement sur Incipit blog :

En attendant, on poursuit notre projet d’adaptation du livre de Florent Latrive “Du bon usage de la piraterie” avec Quentin Renaudo qui nous offre la lecture du chapitre 5 en mp3 et en ogg et Clément Siebering qui a lu le passage “Terminator” du chapitre 6 en mp3 et en ogg .




BORIS VIAN - L’arrache-coeur (1953)

Jeudi 3 Février 2005
Incipit - [Lecture mp3]

“Le sentier longeait la falaise. Il était bordé de calamines en fleur et de brouillouses un peu passées dont les pétales noircies jonchaient le sol. Des insectes pointus avaient creusé le sol de mille […]”

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(Quatrième de couverture:
Voilà un coin de campagne où l’on a de drôles de façons… La foire aux vieux, par exemple. Curieuse institution ! On sait bien aussi que tous les enfants peuvent voler comme des oiseaux dès qu’ils étendent leurs bras - mais est-ce une raison suffisante pour les enfermer derrière des murs de plus en plus hauts, de plus en plus clos ? Le psychiatre Jacquemort se le demande puis ne se le demande plus, car il a trop à faire avec la honte des autres, qui s’écoule dans un bien sale ruisseau. Mais nous, qui restons sur la rive, nous voyons que Boris Vian décrit simplement notre monde. En prenant chacun de nos mots habituels au pied de la lettre, il nous révèle le monstrueux pays qui nous entoure, celui de nos désirs les plus implacables, où chaque amour cache une haine, où les hommes rêvent de navires, et les femmes de murailles.)